Sophie Moreau
Description
Sophie Moreau – Une voix fière au cœur du Nord
Femme francophone passionnée, gestionnaire respectée et artisane de la parole écrite, Sophie Moreau incarne une nouvelle génération d’engagement féminin dans le Nord de l’Ontario. Originaire de Cochrane, elle évolue au sein d’une communauté tissée serrée, où son parcours familial, professionnel et communautaire reflète un attachement profond à la culture franco-ontarienne.
Dès l’enfance, Sophie baigne dans l’univers de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes. « On allait tout le temps au bazar de l’UCF pour supporter mes tantes, ma grand-mère… », raconte-t-elle avec tendresse. Adulte, c’est avec ses propres enfants qu’elle poursuit cette tradition. Le passage du rôle de spectatrice à celui de membre active se fait naturellement, dans la continuité de plusieurs générations de femmes de sa famille, dont une grande-tante, membre fondatrice du cercle de Cochrane.
Professionnellement, Sophie se distingue par sa polyvalence et son sens des responsabilités. Avec un diplôme d’études secondaires en poche, elle gravit les échelons dans le secteur du commerce de détail pour devenir gérante en chef du Canadian Tire de Cochrane, un poste où elle se démarque par sa rigueur et sa fiabilité. « J’adore le fait que les propriétaires me font confiance… Ils m’ont confié le magasin… et leur chien! », dit-elle en riant.
Mais c’est dans l’univers des mots qu’elle trouve un autre terrain d’expression. En tant que rédactrice en chef du journal franco-local La Jasette, Sophie valorise l’écriture en français et la vitalité culturelle de sa région. « J’étais très fière de mon processus d’écriture… et que les gens apprécient. » Cette publication devient pour elle un outil de transmission, un espace de discussion et de visibilité pour la langue française.
Très impliquée dans sa communauté, elle a aussi été directrice de la Société d’agriculture, une autre facette de son engagement citoyen. Pour Sophie, les gestes les plus simples – lire un livre en français, répondre à un client francophone au magasin – participent à maintenir vivante une identité linguistique précieuse. « Je me force à lire un livre francophone par mois pour pouvoir en discuter, pour améliorer mon vocabulaire… Je suis l’une des rares employées francophones au magasin, alors on m’appelle souvent pour aider. »
Les défis n’ont pas manqué. Se marier à 18 ans à un homme plus âgé n’allait pas sans jugements. « Ça a été difficile de faire voir aux gens que ça se fait encore. » Vingt-cinq ans plus tard, elle est fière de sa résilience, de son mariage, et du chemin parcouru.
Sophie décrit l’UCFO comme « un regroupement de femmes franco-ontariennes qui aiment partager leurs idées et leurs connaissances ». Pour elle, ce sont surtout les liens d’amitié, le partage des savoirs et la découverte d’autres femmes inspirantes qui enrichissent son parcours. « On apprend beaucoup des autres femmes. »
Mais elle reconnaît que l’avenir du mouvement passe par un renouvellement. « Beaucoup de cercles ferment par manque de membriété. L’artisanat est de moins en moins connu, et beaucoup de jeunes ne savent même pas ce que c’est. » Elle croit pourtant en la transmission, notamment en milieu scolaire : « Il y a toujours des présentations dans les écoles, mais ça prend des bénévoles. Nos membres sont souvent assez âgées… C’est difficile d’attirer des jeunes femmes. »
À celles qui hésitent à s’impliquer, elle offre un conseil simple mais puissant :
« N’aie pas peur de l’opinion des gens. Sois fière d’être francophone. »
Engagée, ancrée et ouverte aux autres, Sophie Moreau est de ces femmes qui tracent des chemins accessibles aux générations futures, dans la langue qu’elles ont à cœur de faire résonner, ici, au cœur du Nord.
Cercle Cochrane-Kapuskasing-Hearst
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