Lorraine Leroux Levac

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Lorraine Leroux Levac

Description

De l’ouvrage au bénévolat : l’héritage vivant de Lorraine Leroux Levac
Cercle de St-Isidore

Membre du cercle de St-Isidore de l’Union Culturelle des Franco-Ontariennes, Lorraine Leroux Levac porte en elle la force tranquille de celles qui ont grandi dans le travail, l’entraide et la simplicité. Née au cœur d’une fratrie de 11 enfants, placée « au milieu de la famille », elle se décrit comme une enfant comme les autres « dans ce temps-là », élevée dans un quotidien où l’ouvrage ne manquait jamais. Les filles, dans sa famille, ne trayaient pas les vaches, mais elles conduisaient le tracteur, lavaient les bidons et tenaient la maison, dedans comme dehors. Chaque jour avait sa tâche assignée, chaque saison son lot de responsabilités. « À 20 ans, je savais tout faire », dira-t-elle en souriant.

À 14 ans, alors que sa sœur aînée se marie, Lorraine quitte le couvent et reprend les responsabilités domestiques à la maison jusqu’à son propre mariage, à 20 ans. C’est à 17 ans qu’elle rencontre celui qui deviendra son mari, un « beau garçon », rencontré dans la chaleur des soirées d’hiver où voisins et amis passaient d’une maison à l’autre pour chanter, jouer aux cartes ou simplement se retrouver. Lui travaillait alors à Montréal, mais lorsqu’il revient dans la région, un cousin bien intentionné joue les entremetteurs. Trois ans plus tard, ils se marient et débutent ensemble une vie marquée par le travail, la famille et un profond sens du devoir communautaire.

De leur union naîtra un fils, suivi plus tard de petits-enfants et même d’arrière-petits-enfants qui remplissent aujourd’hui la vie de Lorraine d’une douce fierté. Si elle aurait souhaité avoir une famille plus grande, la vie en a décidé autrement, sans amertume ni regret. Lorraine appartient à cette génération qui avançait sans se retourner, convaincue que « d’abord qu’on a la santé », l’essentiel est là.

Son parcours communautaire, lui, prend véritablement son envol en 1962, lorsque la jeune famille revient s’installer à St-Isidore et que se construit l’aréna du village. Ce fut le début d’une longue implication bénévole : paroisse, aréna, hockey mineur, cours, activités sociales, Lorraine a toujours été de celles qui soutiennent, qui épaulent, qui font « parce que ça doit être fait ».

Elle se joint à l’UCFO une première fois dans les années 1970 puis à nouveau douze ans avant aujourd’hui, attirée par les cours, l’artisanat, les rencontres et l’esprit de communauté. Elle se décrit comme une femme d’équipe, prête à aider, mais pas à diriger : « Tu es capable de diriger, mais moi, je vais t’aider. » La solidarité, pour elle, n’est pas qu’une valeur : c’est un mode de vie.

 

Elle a vu la paroisse brûler, les communautés se serrer les coudes, les parades de Noël et de la Saint-Jean animer les rues, les femmes du cercle devenir des piliers discrets mais indispensables. Elle sait l’importance de ces mouvements, de cette fibre collective qui, selon elle, se perd parfois mais renaît lorsque les crises frappent, comme lors de la tempête de verglas où les villages se sont organisés avant même qu’on fasse appel à l’armée.

Aujourd’hui, à 85 ans, Lorraine continue d’incarner ce trait d’union entre générations, traditions et avenir. Son conseil aux jeunes femmes est simple et lumineux : « Pour aimer quelque chose, il faut que tu t’impliques. » Dans ce village où l’UCFO maintient vivantes les valeurs de solidarité, de culture et de partage, Lorraine Leroux Levac demeure l’un de ces visages familiers qui rappellent que la force d’une communauté se mesure toujours à celles et ceux qui choisissent d’en prendre soin.

 

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