La part des femmes, il faut la dire (1981).

Les capsules audio suivantes ont été extraites du livre : La part des femmes il faut la dire, publié par la FFCF en 1981- avec la gracieuse permission de l’AFFC. Les illustrations sont d’Yves Lecompte.
Ce recueil est le résultat d’une consultation auprès des femmes francophones canadiennes. Il voulait valoriser le très grand engagement des femmes que l’histoire traditionnelle a passé sous silence. Les femmes n’ont jamais cessé de faire avancer notre nation. Elle furent et seront toujours à l’oeuvre, selon Gisèle Richer, présidente de l’époque.
On a repris les éléments ontariens de ce travail, et nos femmes, à travers tout l’Ontario, ont participé pour vous les offrir en capsules audio…pour qu’elles soient accessibles à tous.
CAPSULES AUDIO « LA PART DES FEMMES, IL FAUT LA DIRE ».
| Capsule | Texte | Mots clics et indexation | |
| « C’est à travers la pensée de nos mères que nous pensons, si nous sommes femmes. »
(Virginia Woolf, Une chambre à soi) |
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| « QUI PREND MARI, PREND PAYS… » | |||
| Vers l’année 1898, mon père décida de vendre sa terre et de venir tenter sa chance dans le nord de l’Ontario. Il répondait ainsi à l’appel du Père Paradis, un prêtre colonisateur. Dans ce temps-là, on ne pensait même pas à consulter l’épouse pour une telle décision. Ma mère n’osa jamais lui dire à quel point elle était opposée à cette idée. Jusqu’à sa mort en 1964, à l’âge de 99 ans, elle ne pouvait raconter cet épisode de sa vie sans pleurer à chaudes larmes.
(River Valley, Ontario) |
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| Nous autres on se mariait et on suivait notre mari. On n’avait pas le choix. Mon mari était à la base militaire. Je restais 24 heures par jour dans une chambre qu’on avait louée. Il y avait un sofa qu’on ouvrait le soir puis un petit poêle à deux ronds. Il y avait un crate d’oranges que j’avais recouvert avec du matériel; on avait un bureau, ma grosse valise comme de raison, un gros trunck pour mettre mes affaires, mon linge. J’ai déménagé cinq fois. A certaines places il y avait des coquerelles et des punaises; à d’autres places tu pouvais même pas manger de fruits dans ta chambre. Mais on vivait et on vivait très heureux. Je suis restée à Kingston trois ans et deux mois. C’est là que j’ai eu mon premier bébé. C’était pendant la deuxième guerre
(Cornwall, Ontario)
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| On est venu pour gagner notre vie, comme les autres. Chez-nous, on n’avait pas assez grand de terre pour faire vivre une famille et puis mon mari avait de la parenté ici. Comme il ne pouvait pas travailler dans les chantiers l’hiver, dans le froid, sa soeur lui a dit de venir la trouver à Welland. Y’avait des bons salaires et puis la Cotton avait fait bâtir des maisons pour héberger les gens qui venaient travailler pour eux.
Quand je suis arrivée, y’avait pas beaucoup de français, mais moi j’ai pas eu beaucoup de misère à m’adapter parce que je restais à la maison pour élever mes p’tits. Ça fait que c’est mon mari qui faisait toutes les commissions. Puis lui y connaissait la langue un peu parce qu’y était déjà venu. J’me souviens y’allait au magasin m’acheter des robes des fois, puis la femme lui en donnait deux ou trois en lui disant: « Fais-lui essayer les trois. Elle gardera celle qui conviendra et tu me rapporteras les autres. » C’était pareil avec mes chaussures aussi. Aujourd’hui on fait plus ça comme de raison. (Welland, Ontario) |
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| DES JOURNEES BIEN REMPLIES: | |||
| Quand on revenait de la grange le matin et que nos chaudières étaient propres, il fallait faire les lits, laver toutes les lampes, laver les tuyaux puis remplir les lampes d’huile. Y’avait une lampe dans chaque chambre. C’était ça qu’on faisait avant de commencer autre chose. Fallait que notre maison soit propre et que les lampes soient toutes prêtes pour le soir.
(Embrun, Ontario)
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| ON N’AVAIT PAS D’EAU COURANTE | |||
| « Le lavage était fait dans une cuve d’eau avec une planche à laver et du savon domestique. Le linge, une fois nettoyé, était placé dans un récipient d’eau bouillante sur le poêle afin d’être stérilisé et minimiser les maladies. » (Hanmer, Ontario)
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| « A l’âge de 16 ans, c’est dur d’élever une famille quand t’as rien. On lavait à la planche, on n’avait pas d’eau dans la maison seulement. Mon mari la charroyait dans des chaudières pour laver. Le lavage se faisait dans un moulin avec une roue puis un poignée dans le côté. Fallait brasser ça jusqu’à temps qu’on vienne le bras mort. La plupart du temps ça décrassait même pas. Fallait chauffer nos fers sur le poêle pour le repassage; ça fait qu’y fallait chauffer le poêle si on voulait repasser.
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| « L’été, j’allais avec d’autres femmes du village faire mon lavage à la rivière. Il n’y avait aucun service d’électricité, ni d’eau dans le village. On devait puiser l’eau nécessaire à la maison, à la rivière en bas d’une longue côte. » (River Valley, Ontario)
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| LE SAVON DU PAYS | |||
| « Pour faire le savon, les femmes conservaient le suif des boucheries de l’automne. Au mois de mai, le gros chaudron de fonte était suspendu à une perche placée sur deux chevalets. On y mettait ce gras-là, on ajoutait du lessie et de l’arcanson et on faisait dessous un feu d’écopeaux de bois. Tout devait fondre lentement… »
(Casselman, Ontario)
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| « On faisait boucherie l’automne et on gardait le lard dans le sel, dans des pots de grès ou on le mettait en conserve. On mettait le bœuf dans le grain durant l’hiver et on le mettait en conserve le printemps. Les œufs étaient gardés dans le sel avec la coquille. J’allais aux bleuets. Pour en avoir pour l’hiver, je les faisais sécher au soleil sur des linges blancs et je les mettais en bouteilles. Pour s’en servir il n’y avait qu’à ajouter un peu d’eau. »
(Sturgeon Falls, Ontario)
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| « Les légumes étaient cultivés sur la ferme. On gardait des poules pour les œufs. Quant à la viande, l’été on mangeait surtout du lard salé et en canne. L’hiver, c’était du bœuf qu’on mangeait le plus et du gibier. Il y avait aussi un boucher qui passait par les portes une fois par semaine. On achetait en gros la farine, les fèves et le thé. On faisait les confitures à la maison. Aussi à l’automne, on faisait le beurre pour l’hiver, qu’on entreposait dans une tinette de bois, qui était cirée en dedans… une tinette contenait environ 60 livres de beurre. »
(River Valley, Ontario)
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| « Nos caves fraîches, n’étant pas chauffées, c’était l’endroit pour conserver les patates et tous les légumes de notre potager. Les choux étaient suspendus par les racines, les oignons en nattes, les carottes et les betteraves recouvertes de sable, les pommes bien enrobées de papier journal et disposées dans des boîtes ou des barils de bois. Le saloir de lard salé avait toujours sa place. Les armoires et les tablettes de la cave étaient bien garnies de conserves de toutes sortes: confitures de fraises, de framboises, de bleuets, de pommes, de prunes, de groseilles, de citronnelles. Les gros pots de grès étaient remplis de marinades et de tomates salées pour la soupe d’hiver. Certains conservaient les œufs en les recouvrant de gros sel ou d’avoine: les poules ne pondaient pas l’hiver, manque d’éclairage. 11 fallait pas compter sur les légumes frais du magasin car les moyens de les transporter n’existaient pas. »
(Casselman, Ontario)
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| « Pour conserver les produits laitiers, je les descendais dans une chaudière, dans un grand puits. Je faisais un grand jardin et j’avais ainsi tous les légumes dont on avait besoin. J’élevais beaucoup de volailles, des canards et des oies ainsi que des cochons que je vendais pour avoir un peu d’argent. »
(St-Joachim, Ontario)
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| JE FAISAIS DU NEUF AVEC DU VIEUX | |||
| « Je faisais du neuf dans du vieux. Les vêtements passaient de l’un à l’autre. Avec les retailles on faisait des couvre-pieds et des tapis Je filais la laine de nos moutons. Les petits gars s’amusaient à la tordre et à la diviser en écheveaux. Ensuite, ils tricotaient les chaussons avec la tricoteuse et moi les mitaines tandis que la laine, pour les douces couvertes de lit, était la spécialité de ma mère. 11 fallait aussi la teindre selon l’usage. »
(Casselman, Ontario)
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| « Pour les vêtements, on faisait presque toujours venir dans le catalogue. Après que j’aie été mariée, on pouvait plus facilement aller à Ottawa. Là, il y avait des magasins et on pouvait acheter du tissu à la verge. Je faisais même les manteaux, les costumes. On habillait les enfants nous autres mêmes; bien souvent avec les pantalons des hommes, on refaisait des petits habits. On n’était pas orgueilleux comme à présent. »
(Embrun, Ontario)
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| « Ma mère et mes tantes glanaient la paille de blé après la récolte. Avec ça, elles tressaient les chapeaux pour la famille. Ceux des filles étaient plus beaux; dans les tresses, elles mélangeaient des pailles qu’elles teignaient de couleurs vives puis les gansaient d’une mousseline à pois. »
(Casselman, Ontario) |
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| POUR SURVIVRE, ON AIDAIT NOS MARIS | |||
| « Ma belle-mère, comme la majorité des femmes, devait se rendre au marché pour vendre les produits de son jardin. Tous les membres de la famille avaient préparé les produits la journée précédente et le lendemain elle se levait vers les 4 heures du matin et on se rendait, à cheval, se trouver une place sur le marché. 11 fallait payer cette place avant d’avoir vendu un seul chou. Elle vendait toute la journée. Certains jours, elle était occupée à en oublier de manger; en d’autres occasions, comme les gens de la ville n’avaient pas d’argent, les journées s’éternisaient. Quelque- fois on retournait le soir avec une moitié de voyage. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Je travaillais autant au dehors que dans la maison. C’est moi qui faisais l’employée sur la ferme avec mon mari. Même quand j’ai eu les enfants, dans le temps des gros travaux, mon mari s’occupait de la ferme et je m’occupais pas mal des animaux. J’empilais ma vaisselle du matin au soir, puis le soir après le souper, bien là, je lavais la vaisselle pour une heure de temps, puis mon mari m’aidait. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Mon mari était cuisinier dans les chantiers au nord de River Valley. Quand je me suis mariée, en 1915, il venait d’acheter une petite épicerie. J’ai tenu le magasin de 7 heures du matin jusqu’à tard dans la soirée. 11 fallait scier la viande gelée l’hiver, manœuvrer les poches de farine, de sucre, les barils de mélasse, en plus de faire un grand jardin pour vendre les légumes. »
(River Valley, Ontario)
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| « Mon père n’était pas instruit, c’est ma mère qui lui a montré à signer son nom. Il avait fait un cours de couture. Mais c’est maman qui voyait à toutes ses affaires. Elle faisait la tenue de livre Maman c’était le côté intellectuel et spirituel, pis papa c’était le côté pratique. »
(Rockland, Ontario)
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| « Mon mari décide de se lancer dans une entreprise de laine. Il achète l’équipement complet, grosse carde, rouet, métier. Sitôt installé, sitôt en marche. Il s’agit d’avoir des contrats. Je lisais les journaux et j’écrivais à différents endroits. C’est comme ça que j’ai réussi à obtenir un contrat de 100,000 livres de laine pour la Croix-Rouge. Je m’occupais aussi de faire les payes des employés à toutes les semaines, assurance-chômage, compensation, déductions d’impôt en plus des rapports mensuels au ministère du Revenu, comptes à payer, etc. C’était durant la guerre. »
(Rockland, Ontario)
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| « Dans c’temps-là, on allait aider dans le temps des récoltes. Moi-même j’y allais. On allait faire des stookes. Quand les enfants étaient petits, je les emmenais dans une brouette au champs. Je leur emmenais leur petite beurrée de beurre, quelque chose pour les faire manger. »
(Embrun, Ontario)
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| « Les débuts furent modestes. Mon mari abattait les animaux de la ferme: vaches, veaux, cochons. Il débitait ces animaux. Je lui aidais à enlever la peau et à les débiter. J’enveloppais la viande pour la vendre. Nous avons eu dès le début une bonne clientèle. On livrait la viande chez eux. En peu de temps les animaux de la ferme ne suffisant plus à la demande, il fallut en acheter. Il nous fallut construire une remise pour entreposer la viande. Il nous fallait faire notre glace l’hiver. En 1950, l’électricité fut installée chez nous. Donc le travail devenait plus facile. Je commençai à faire du boudin, de la saucisse, de la tête fromagée, des tourtières. Le tout se vendait comme un charme. Les anglais raffolaient de mes tourtières. Nous vendions également de la viande à tourtières. Je gardais des oiseaux de la basse-cour: dindes, oies, canards, poulets. Les dimanches après-midi, nous avions des concours de tir à l’arc dont l’enjeu était une volaille. C’était en même temps une rencontre sociale. Je faisais aussi du savon tiré du gras qui restait après que la boucherie a été faite. Mon savon était très en demande. »
(Verner, Ontario)
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| « Peu après qu’on soit arrivé, vers la fin de la guerre je crois, mon mari a ouvert un magasin. On a été chanceux car les enfants sont restés avec nous, puis y’ont poussé de l’avant avec leur père. Les enfants donnaient tout leur salaire à la maison pour que la famille puisse survivre et puis on leur donnait chacun 2 piastres par semaine pour leurs dépenses. Dans c’temps-là, y’allaient aux vues pour 35¢ puis y’s’achetaient un hamburg pour 10¢.
Y’fallait peser le sucre, les pois, puis les pecks de patates. Ça j’en ai pesé. .. tout venait à la livre, fallait le peser nous autres mêmes. Les profits d’une business ne se font pas dans le jour, ça se fait après que le magasin est fermé. Et puis y’faut savoir quoi acheter comme stock. Mon mari allait au marché trois ou quatre fois par semaine pour acheter les végétais puis y’fallait pas en acheter trop parce qu’on voulait les garder toujours frais. Si ça pourrissait, mon mari disait: « Ah, ben c’est ma perte ». En tous cas, on en a mangé des bananes à la peau brune, des sandwichs au bananes, du pain aux bananes et puis du gâteau aux bananes… Le monde aime pas ça les acheter parce qu’y’regardent pas ben. » (Welland, Ontario)
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| LES ENFANTS AUSSI COLLABORAIENT | |||
| « Les enfants, on avait tous nos tâches. Le matin, c’était les chambres qui se faisaient avant que l’on parte pour l’école, le lavage ça c’est fait pas mal par les enfants quand on était assez grand, un faisait l’époussetage, l’autre faisait le lavage. Les tâches étaient toujours partagées entre nous et notre mère. Les garçons eux, rentraient le bois. »
(Pembroke, Ontario)
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| « Les enfants, nous autres, on faisait tout ce qu’on pouvait dans le jardin, piocher les patates, mettre de la poudre pour enlever les bébittes sur les patates, sarcler le jardin, charroyer l’eau. Puis dans la maison, c’était la même chose; on faisait tout ce que l’on pouvait faire quand on était jeune: laver la vaisselle, ma mère faisait le pain, le manger, lavait ses patates, des affaires de même. »
(Pembroke, Ontario)
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| ET LE MARI, LUI… | |||
| « Pendant que je faisais la vaisselle, mon mari se berçait et chantait de belles chansons pour les enfants. »
(Espanola, Ontario)
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| « Quand ma mère est morte, je suis restée avec mon père. Il ne se faisait même pas chauffer de l’eau pour faire du thé. Il n’y avait pas de partage entre les hommes et les femmes. Chez nous il y avait trois femmes: maman, ma tante et ma grand-mère. C’est elles qui faisaient tout. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Quand je me suis mariée, mon mari m’a demandé si j’étais pour me lever pour lui faire un déjeuner chaud. Je lui ai dit: « A condition que tu te lèves pour allumer le poêle. Si tu allumes le poêle, quand ça sera chaud je descendrai pour faire le déjeuner, sinon j’descends pas. » Il a tellement bien tenu cela que je ne sais pas allumer un poêle. Il s’est toujours occupé de faire tous les travaux qu’un homme peut faire dans la maison… »
(Ottawa, Ontario)
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| « Le prêtre faisait des remontrances quand on n’avait pas des enfants à tous les ans. Plus les familles étaient grosses, plus elles étaient saintes. »
(Sturgeon Falls, Ontario)
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| « Le moyen d’empêcher la famille qui était connu c’était de nourrir le bébé. Il fallait s’en confesser. Je me souviens du sermon de la retraite qu’ils nous faisaient à chaque année… »
(Sturgeon Falls, Ontario)
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| « Pour ne pas avoir d’enfants trop vite, y’avait rien que la continence, si l’homme était assez raisonnable. Y’avait pas d’autre moyen. J’ai appris qu’il y avait des journées plus dangereuses longtemps après mon mariage. Je pense pas qu’y savaient ça dans le temps de ma mère. Moi, j’nourrissais mes enfants jusqu’à un an, quinze mois, Pendant c’temps-là, je voyais pas mes règles. »
(Embrun, Ontario)
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| « Si mon mari avait été de mon dire, on en n’aurait pas eu tant d’enfants (12). On aurait pu modérer ça. Quand bien même que c’était péché je l’aurais fait pareil. On en faisait d’autres péchés pis on ne s’en occupait pas. Les hommes ça sacraient pis ça buvaient, c’était péché ça. Les hommes, c’est pas pour l’amour de l’église, qu’ils faisaient des petits à tous les ans. Un homme se mariait pis y’avait tous ses droits. Y pensait à contenter son corps à lui puis c’était tout. La plupart des hommes étaient comme ça, pis avec ça ils étaient dans la loi, l’église les encourageait. »
(Casselman, Ontario)
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| « Je connais une femme qui prenait du sel à médecine pour empêcher la famille. Elle s’est fait prendre pour avoir un enfant pareil. Y’avait un autre moyen: l’homme devait se retirer au moment de l’expulsion du sperme. C’est un moyen naturel qui date du temps de la Bible. C’était défendu par les prêtres à part ça. Ça prenait une force d’homme pour faire ça. On disait: «Si vous voulez pas avoir d’enfants, faut vivre comme frère et soeur. » Ce n’était pas un moyen très pratique. Y’avait une vieille dame qui disait: «Ce qui se passe en dessous de la couverte ça regarde pas les prêtres. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Mon plus jeune enfant avait 4 ans et moi j’en avais 49. J’avais eu cet enfant-là à 45 ans. Je l’appelais mon accident. J’ai été la plus surprise et surtout très très inquiète. J’ai été deux semaines sans le dire à mon mari. Je ne dormais pas. Je travaillais beaucoup dans notre commerce. Pendant 15 jours, je me suis conditionnée à l’aimer cet enfant-là. J’ai passé mes nuits à prier pour l’accepter. Le plus vieux de mes enfants avait 16 ans, puis deux filles de 14 ans et 12 ans. A force d’autosuggestion, je l’ai aimé, je l’ai désiré. Pendant ce temps, je suis allée visiter les magasins et voir les choses de bébé. Je l’ai dit à mon mari entre 2 clients dans le passage du magasin. Lui, il avait 55 ans. De me voir si bien préparée, il était content; les enfants aussi étaient contents. »
(Rockland, Ontario)
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| « Je me rappelle d’une petite vieille. Elle savait comment débarrasser les femmes, aider les femmes à se débarrasser des enfants qu’elles ne voulaient pas voir.
Empêchement de la famille, j’en n’ai jamais entendu parler. Le seul moyen que ma mère a connu, c’était: un reste icitte et l’autre de l’autre côté, l’abstinence. » (Pembroke, Ontario)
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| « Dans ce temps-là, les hommes c’étaient eux autres d’abord. Mous autres, on en avait 12 pis les anglais seulement 2. Les prêtres y disaient: « Si tu te maries, subis-en les conséquences. »
« Ma cousine s’est mariée à 27 ans, est morte à 40 ans, pis elle a eu 11 enfants. C’est-tu catholique ça? Elle était tuberculose avec ça. C’était la religion avant tout. » (Casselman, Ontario)
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| « Le Bon Dieu voulait que j’aie 10 enfants. On a été un an sans avoir de relations sexuelles. On ne voulait pas empêcher la famille. Moi, je me donnais à lui parce que je l’aimais, pas par besoin, parce que j’étais assez fatiguée que je n’avais pas le temps de penser à ça. Lui était malade, il savait qu’il était pour mourir. Je me donnais à lui la veille de mes menstruations. Je suis tombée enceinte 3 fois de suite. Mon mari pleurait et moi je pleurais en cachette parce que je ne voulais pas qu’il me voit. »
(Cornwall, Ontario)
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| LES ACCOUCHEMENTS SE FAISAIENT A LA MAISON | |||
| « Nous autres, c’étaient des affaires cachées; on savait pas qu’elle était pour avoir un bébé. C’était entre femmes; quand elle commençait à être mal, elle faisait venir cette vieille femme. Nous autres, la voiture était à la porte, on nous envoyait chez les voisins. On ne pouvait pas voir rien de ce qui se passait. Les femmes ne parlaient pas bien dans ce temps-là; elles en parlaient en cachette, ça paraissait pas non plus, comme aujourd’hui. Dans le temps de maman y’portaient toujours des gros tabliers lousses, puis son linge était large, ça faisait pas de différence. Je suis la quatrième, il y en a 10 derrière moi; j’ai jamais eu connaissance que maman portait un bébé parce qu’elle a toujours porté un corset; donc à mesure qu’elle grossissait, elle délaçait son corset, ça paraissait pas autant. »
(Pembroke, Ontario)
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| « Ça été très mal 2 mois après que je sois devenue enceinte. Si je me retournais sur le côté, je sentais une masse, si je me couchais sur le dos, je sentais une masse tomber. On était allé à Rockland, il y avait eu un accident sur la route, c’était des gens que je connaissais. Je n’avais pas vu l’accident mais le cheval avait pris la course en descendant et ça m’avait fait très peur. D’après moi c’est là que le fœtus est mort sur moi. J’ai eu ce fœtus-là seulement après les Rois. J’étais toujours en hémorragies. Ça a duré de la fin d’octobre jusqu’après les Rois. Ça été ma plus grosse maladie. Y’a beaucoup de femmes qui sont mortes d’hémorragies par des fausses couches comme moi; j’ai failli y passer. »
(Ottawa, Ontario)
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| « J’ai eu tous mes enfants à la maison avec un médecin qui demeurait à quelques milles, soit à Warren ou à Verner. Le médecin me donnait quelque chose pour aider le travail et du chloroforme pour endormir. »
(Sturgeon Falls, Ontario)
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| « Les accouchements se faisaient à la maison en présence d’une sage- femme et du médecin quand ça lui était possible. J’ai eu la peur de ma vie quand, à l’âge de 18 ans, je me trouvais seule avec ma soeur qui accoucha avant que le médecin arrive. J’ai dû attacher moi-même le cordon en suivant les instructions de ma soeur qui ensuite s’était évanouie.
Les familles étaient toutes nombreuses, de 11 à 12 enfants parce que les couples étaient toujours ensemble à la maison. » (Sturgeon Falls, Ontario)
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| DES TRAVAUX QUI S’AJOUTAIENT AUX AUTRES TÂCHES… | |||
| « Les femmes se rassemblaient pour carder la laine, piquer les couvre-lits et bien d’autres travaux étaient faits en équipe. A l’automne, quand les hommes se rassemblaient pour battre le grain, les femmes qui le pouvaient, allaient aider leurs voisines à préparer les repas pour les travailleurs, s’occuper de la ferme et faire le train. »
(River Valley, Ontario)
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| « Quel événement que l’eau haute! Maman se préparait d’avance: gâteaux, beignes, tartes, galettes, pain de ménage s’accumulaient dans des bidons, un autre contenait le lait. Fallait rester au deuxième étage, se chauffer avec un poêle à l’huile à trois brûleurs. L’eau montait partout dans la maison. Quand le vent s’élevait maman nous calmait par la récitation du chapelet. Une année, la porte de devant s’est ouverte par la force du courant. Maman a commencé à avancer dans l’eau à l’aide de chaises puis elle a tout simplement marché jusqu’à la porte qu’elle a clouée avec des clous de 6 pouces. Pour nous, c’était un pique- nique. Quand la glace levait, là fallait prier. Puis les eaux se retiraient, maman lavait les murs au balai. En 1928, l’eau est montée si haute qu’elle a rejoint le linge propre tout plié dans l’armoire. Quand ma mère a pu étendre dehors, on voyait une belle cordée de linge blanc, de broderie, de dentelles destinées à l’empesage et au repassage… »
(Ste-Anne de Prescott, Ontario)
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| « Pour ma mère, le pire fléau était bien les poux. C’était tellement commun à l’école qu’on finissait bien par en attraper de temps à autre. »
(River Valley, Ontario)
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| LES EVENEMENTS MARQUANTS DANS LA VIE DES FEMMES | |||
| « On avait peur parce qu’il y avait presqu’autant de monde qui mourait de la grippe qu’il y en avait de morts à la guerre. On n’avait pas le temps d’ensevelir les morts. C’était bien épouvantable. On les enveloppait dans une couverte et tout de suite on allait les enterrer. »
(Espanola, Ontario)
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| « Le principal drame de ma vie de jeune fille fut la grippe espagnole. Tout le monde était malade. Nous n’avions aucun traitement de médecin, ni d’hôpitaux. Les écoles et les églises étaient fermées. Personne ne voulait soigner les malades de peur de contracter la maladie. Les femmes enceintes accouchaient avant terme et presque toutes mouraient ainsi que l’enfant. Et même toutes les femmes et les jeunes filles étaient menstruées. M’ayant pas d’aide, on enveloppait les morts dans des couvertures et on les enterrait tout de suite sans service funèbre. Chez nous, nous étions 9 enfants malades, six semaines sans sortir de nos chambres. Mon père faisait le principal des travaux de la ferme seul et ma mère prenait soin de nous, jour et nuit. Le médecin recommandait de nous soigner avec des ponces de gin chaud. »
(Casselman, Ontario)
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| LA CRISE | |||
| 86 | « J’ai acheté un shack, une maison qui était toute défaite. Je ne pouvais trouver d’autre place. Quand j’ai visité la maison, les cloisons étaient toutes à terre, il ne restait que les 2 par 4. J’avais donné ma notice où je restais, ma maison était déjà louée. Il fallait que j’achète cette maison-là. C’était la Caisse de Ste-Anne. Le gérant m’a dit: « Je vais faire un marché avec vous, je vais vous la laisser à $1500.00. Je vais vous allouer ça à $15.00 par mois sans intérêt. » C’était pas cher pour un carré de maison. J’ai signé les papiers sans en parler à mon mari, ni rien. »
(Ottawa, Ontario)
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| « J’ai remarqué j’avais raccommodé les pantalons de mon mari 7 fois, une pièce à côté de l’autre. Ceux qui étaient plus fortunés nous passaient le linge de leurs enfants. C’était avec ça que je faisais tout. Pendant deux ans, j’enlevais le linge sur le dos des enfants, je le lavais et je leur remettais. C’était la grande dépression. J’ai eu une machine à coudre en 1940. Avant ça j’avais toujours fait ma couture à la main. Mes draps, mes taies d’oreillers, les tabliers, les nappes, le linge de bébé, je faisais tout cela à la main. J’ai lavé à la planche, dans une cuvette jusqu’en 1938. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Le revenu de la famille étaient misérables: 50¢ par jour pour faire une corde bois. Durant la crise, c’était dur. Si on pouvait se garder un porc, récolter des fèves blanches, on préparait de la soupe aux pois avec du lard salé. Pour les légumes, patates, carottes, on les cultivait nous-mêmes. On faisait nos conserves pour l’hiver. Mon mari a été malade durant la crise. L’aide sociale nous donnait $2.50 par semaine pour 6 enfants plus mes parents. »
(Ste-Anne de Prescott, Ontario)
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| « Je prenais du linge qui m’était donné puis je le revirais à l’envers et j’en faisais du linge neuf. Je faisais beaucoup de couture. Je faisais les costumes de ma voisine, elle avait trois garçons.
On mangeait beaucoup de baloney. On appelait ça le relief steak. On faisait des fèves au lard. Les enfants aimaient beaucoup les fèves au lard. Quand ils arrivaient de l’école, il y avait un bon pain chaud avec de la mélasse ou du sucre brun. On est venu à bout de survivre. Mon mari faisait la chasse. Il trouvait beaucoup de perdrix. On les faisait geler pour l’hiver. On avait un champ; quand il avait son congé, il passait son temps là et moi je le suivais. Il y avait beaucoup plus d’animaux sauvages dans c’temps- là. J’allais avec mon mari faire la trappe. » (Espanola, Ontario)
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| AUGMENTER LE REVENU FAMILIAL | |||
| « Je faisais des robes de soirée pour 2 piastres. Dans une semaine je faisais $12.00, des fois $15.00. C’était beaucoup de travail à $2.00 la robe. Je faisais deux bords de robes pour 25¢.
(Cornwall, Ontario)
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| Je vendais des œufs au chemin à des clients qui, voyant l’annonce s’arrêtaient et aussi à d’autres clients réguliers qui venaient même de Détroit. Ceux-ci apportaient souvent du linge pour les petits et je leur servais un lunch. Mon mari élevait 25 à 30 moutons qu’il tondait chaque printemps. La laine était mise dans des gros sacs de jute et envoyée laver à Strathroy. Ensuite, je la vendais aux Américains. »
(St-Joachim, Ontario)
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| « Dans le temps de la dépression, les talents de couturière de ma mère lui valurent une mine d’or. Souvent il était deux heures du matin et elle était encore assise à sa machine à coudre. En plus pour subvenir aux besoins de la nombreuse famille, elle prodiguait son temps et ses forces à l’entretien de pensionnaires. Il y en avait toujours au moins deux et durant cinq mois, elle en garda sept. »
(Ottawa, Ontario)
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| « J’ai beaucoup pris des enfants en pension. J’en ai eu de la Société d’Aide à l’Enfance mais je ne les ai pas gardés longtemps. Pour l’argent qu’on nous donnait, ça ne nous aidait pas à survivre et ça demandait trop de travail et d’attention. Donc j’ai laissé. Après j’en ai repris d’autres, quatre petites filles que j’ai gardées durant un an et demi. J’ai été obligée de laisser après un an et demi parce que c’était trop dur. J’étais épuisée. J’avais les trois miens avec ces quatre-là. Quand je suis venue vivre en ville j’ai toujours gardé des pensionnaires. »
(Ottawa, Ontario) |
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| « Pendant la guerre ’14-18, ils fournissaient la laine en écheveaux aux femmes qui voulaient tricoter des mitaines pour les soldats. Ça payait $1.25 la douzaine de mitaines. J’ai entraîné les enfants à faire ce travail avec moi. Chacun devait finir sa mitaine avant de se coucher. Je faisais les poignets et finissais le bout et les enfant tricotaient le reste. Souvent je devais rester debout jusqu’à deux heures du matin pour les compléter. »
(St-Joachim, Ontario)
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| « Je faisais le blanchissage pour les religieuses. On me donnait $2.00 le lavage, repassé et reprisé. On ne devait pas manquer une telle occasion de se faire un peu d’argent même si ce n’était que pour acheter l’huile à lampe qui servait à s’éclairer et à dépouiller les enfants. »
(Sturgeon Falls, Ontario)
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| LES FEMMES GARDIENNES DE LA CULTURE | |||
| « Je m’occupais des enfants, je leur apprenais à lire et à écrire, je leur chantais des chansons françaises apprises dans mon village natal sur les bords de l’Outaouais. »
(Ottawa, Ontario) |
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| « Je me suis toujours battue pour le français. C’a été inculqué en nous dans la famille: maman et papa étaient québécois, maman ne parlait presque pas l’anglais. »
(Ottawa, Ontario)
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| EN L’ABSENCE DU MARI… | |||
| « J’étais souvent seule, mon mari partant en tournée d’inspection d’écoles parfois 2 ou 3 semaines à la fois. Il n’y avait pas d’eau dans les maisons, il fallait en acheter une fois par semaine. L’hiver on faisait fondre la glace. Je m’occupais de l’ordinaire: faire les lavages à bras, pomper l’eau du puits, rentrer le bois pour le poêle, faire toute la couture à la lueur de la lampe à l’huile, en plus de soigner ma belle-mère malade. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Quand il y a eu l’accident du bateau qui a explosé à Halifax, mon mari a été envoyé là-bas pour réparer les maisons qui avaient été détruites. Je relevais d’un bébé. J’avais été un mois au lit. Je me suis levée pour qu’il parte. Je me suis trouvée seule avec les enfants pendant 9 mois. Il m’a envoyé de l’argent après un mois. Avant ça j’avais rien. Il me fallait casser mon bois, charroyer l’eau du puits. Heureusement j’avais une voisine qui me visitait chaque jour. Je ne pouvais pas sortir, j’étais malade. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Quand mon père est mort, il avait une petite assurance et puis maman a fait séparer la maison pour en louer une partie. Ça lui faisait un revenu. Elle n’a jamais eu une cenne du gouvernement parce que la maison était payée. Elle faisait toute sa couture, même les pantalons pour les garçons. »
(Cornwall, Ontario)
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| « Après que mon mari est mort, j’avais 54.17 piastres par mois du gouvernement comme compensation pour les veuves. J’ai retiré $3000.00 d’assurances. Je cousais pour les autres. J’avais une de mes sœurs qui avait ben du linge. Elle me donnait des coats et des robes pour les enfants. Je faisais beaucoup de couture pour mes enfants et pour les autres aussi. »
(Espanola, Ontario)
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| QUAND LA MERE MOURAIT… | |||
| « Le 26 juillet 1932, ma grand-mère maternelle mourrait. Nous sommes allés vivre avec mon grand-père. Le 10 août de la même année, ma mère partait pour l’hôpital avec une hernie et revenait dans son cercueil. J’avais 16 ans alors. Fallait prendre la tête de la maisonnée.
Ma grand-mère paternelle est donc venue habiter avec nous en novembre. Âgée de 64 ans, malade, ayant élevé 13 enfants dans de tristes conditions aussi, je l’admire et l’en remercie car sans elle nous aurions été séparés. Puis le 3 janvier 1934, mon père mourait. Ma jeune soeur a regardé dans son portefeuille; il n’y avait que de la monnaie. Le cercueil fut simple et la pierre tombale ne vint que 15 ans plus tard. Mille misères pour obtenir la pension des mères nécessiteuses. Enfin $20.00 par mois et un petit $5.00 additionnel par enfant. Et ce, pour les deux grands-parents et les 7 enfants. L’été, nous allions aux fraises, framboises, bleuets, que nous vendions $1.00 pour 2 gallons et trois quarts. Vers la fin août, nous allions au houblon. On recevait $1.00 pour une boîte de 3 par 3 par 8 pieds remplie de petites caboches destinées à la bière. Avant la rentrée des classes, je prenais cet argent pour l’achat des articles d’école et le linge d’hiver. Peu à peu la maison s’est vidée. Une de mes sœurs est entrée au couvent; les deux autres sont allées travailler au collège de Rigaud où mon frère faisait ses études. L’une d’elle versait $5.00 et l’autre $10.00 par mois pour ses cours. » (Ste-Anne de Prescott, Ontario)
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| « Je me disais: « Pourquoi? J’aurais continuer mes études. J’ai fait un an de pédagogie. A 17 ans, j’étais pensionnaire à Ottawa. Mais après il était pas question de continuer, j’avais un frère aux études supérieures et un autre qui était prêt a y aller. J’étais heureuse d’enseigner mais j’avais bien de la peine de laisser mes études, à un tel point que quand j’ai fait ma pédagogie chez les Sœurs Grises, j’ai failli entrer au couvent, mon seul but était de continuer à étudier; j’ai pris des cours d’été. »
(Rockland, Ontario)
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| « Pourquoi célibataire? Parce que j’ai pas rencontré une personne que j’aimais assez. J’ai déjà eu des demandes en mariage. J’étais bien comme ça. Des fois, les femmes mariées me trouvaient bien chanceuse. Laisser son mari ça ne se faisait pas. Y’en a qu’en ont ben arraché. Y a des hommes qui battaient leur femme. Les hommes auraient pas laissé sortir leur femme toute seule, y en avaient des jaloux. Une femme mérite pas de rester avec un homme qui la bat. »
(Rockland, Ontario)
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| « Je ne suis pas féministe, mais j’admets que j’ai corrigé bien des choses, Exemple: Y’avait des soupers de famille. Les femmes préparaient à souper, elles servaient d’abord les enfants à la première tablée, ensuite à la deuxième, elles servaient les hommes puis y’en restait toujours de la nourriture mais c’était pas mal défraîchi. Si les hommes pis les enfants avaient bien mangé, les femmes se contentaient des restes . . . même des fois on mangeait pas parce qu’on était trop fatigué. Ça, ça me révoltait, mais je ne le disais pas.
A la maison, au village, les petits garçons avaient à entrer le bois dans la cave et c’était tout, mais les filles, elles… Je ne me souviens pas de m’être levée de table et de ne pas avoir eu à faire la vaisselle. Les petits garçons s’en allaient jouer. Là, où il y avait une place d’honneur comme servir la messe ou quand Monseigneur venait, c’était mon frère, un vrai diable, qu’était choisi. Nous autres les filles on ne pouvait pas entrer dans le sanctuaire. Ça me révoltait, je me disais pourquoi? Les autres femmes c’étaient pas comme ça mais moi je me révoltais. Quand les femmes se sont réveillées, j’étais assez heureuse de voir ça. Si j’étais plus jeune, je pousserais. » (Rockland, Ontario)
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| PLUS ÇA CHANGE, PLUS C’EST PAREIL | |||
| « Entre mon travail, la maison, les enfants, le mari, le patron, je me sens tiraillée de tous côtés. Je suis comme une queue de veau. Un pied dans la maison, un pied à la job. Je cours tout le temps. Quand je prends du temps pour moi, j’ai l’impression de le voler ailleurs. »
(Ottawa, Ontario)
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| LES FAMILLES NE SONT PLUS CE QU’ELLES ETAIENT | |||
| « Avoir des dizaines d’enfants ce n’est plus pensable. Aujourd’hui t’en as un ou deux. C’est surtout à cause des finances. Moi, je ne voulais pas avoir des enfants après 30 ans. Je trouvais que ma mère était trop vieille quand elle m’a eue. J’ai toujours connu ma mère vieille. Je ne voulais pas ça pour mes enfants. »
(Rockland, Ontario)
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| « Moi, je ne voulais pas passer ma vie à élever des enfants. 11 y avait beaucoup trop de choses que je voulais faire. »
(Plantagenet, Ontario) |
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| « A cause de mon travail, je ne pouvais pas avoir plus de deux enfants, Quand j’ai eu mes enfants, j’ai pris un congé de maternité de trois mois. C’est difficile de réveiller le bébé à 6 heures le matin pour aller le porter chez la gardienne. »
(Ottawa, Ontario)
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| LE TRAVAIL MENAGER N’EST PLUS LE MEME | |||
| « Quand une femme reste à la maison, elle passe autant de temps dans sa cuisine que sa grand-mère. Le travail est moins dur mais il est aussi long. Aujourd’hui, on a beaucoup d’appareils ménagers, mais il faut les frotter, les entretenir, les remplir, les vider, les réparer. Faut servir nos robots…
Ma grand-mère faisait son ménage de printemps et celui de l’automne. Moi, j’en fais à tous les jours, mais c’est facile avec les laveuses et les sécheuses. » (Rockland, Ontario)
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| « Du ménage, ma mère en faisait mais moi j’en fais pas. Je trouve qu’on a beaucoup moins de boulot c’est plus facile à cause des machines. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Les heures que nos mères passaient à faire le pain et le beurre, nous il faut le passer au super- marché, à la boucherie. Ça prend du temps aussi pour lire les journaux, la publicité afin de trouver les meilleurs prix. »
(Plantagenet, Ontario)
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| DE NOUVELLES RESPONSABILITES QUI REVIENNENT À LA MÈRE | |||
| « Aujourd’hui avec l’assurance maladie, on passe notre temps chez les pédiatres, dentistes et autres. La société nous pousse à prendre la santé trop au sérieux. Si tes enfants ne vont pas chez le pédiatre deux fois par année, t’es pas bon parent. »
(Rockland, Ontario)
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| « Chez nous, c’est moi qui fais les travaux de réparation, mon mari n’est pas bricoleur, C’est moi qui peinture, qui tapisse. L’entretien autour de la maison, le jardinage, les plates-bandes, c’est aussi moi qui m’en charge. »
(Rockland, Ontario)
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| PARTAGE DES TACHES DOMESTIQUES …LA FEMME RESTE EN CHARGE | |||
| LES FEMMES COLLABORATRICES | |||
| « On a ouvert un centre de décoration vers ’70. Au début, je travaillais avec mon mari. Il me donnait $25.00 par semaine pour que je puisse payer la gardienne. A ce moment-là, il n’avait pas le droit de payer un salaire à son épouse. Il ne pouvait pas le déduire de son impôt. »
(Rockland, Ontario) |
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| « Moi, je travaille avec mon mari au magasin. Il y a des avantages mais il y a aussi des inconvénients. On apporte avec nous les problèmes de la maison au travail et ceux du travail à la maison. Si je travaillais ailleurs, ça serait plus facile de me détacher de mes problèmes personnels. Un autre problème c’est que je ne peux pas payer d’assurance-chômage. S’il n’y a plus d’ouvrage pour moi au magasin, je me retrouve devant rien. »
(Rockland, Ontario)
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| « J’ai travaillé pendant 5 ans et demi dans le milieu de l’industrie. Lorsque j’ai débuté, je gagnais $12.00 par semaine pour travailler de 6 heures moins quart le matin jusqu’à 5 heures et demie le soir. Les hommes gagnaient $23.00 par semaine, presque le double. Et lorsque tu te mariais, tu perdais ton emploi. C’était vers les années ’40. »
(Cornwall, Ontario)
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| LA DOUBLE JOURNEE DE TRAVAIL, C’EST PAS D’AUJOURD’HUI… | |||
| « Le lundi, je lavais et je partais la boulange pour pouvoir cuire le pain en même temps que les fers à repasser chauffaient car ça économisait le bois qu’il fallait acheter. Les autres jours de la semaine, je travaillais dur ailleurs pour joindre les deux bouts. Pas des petits travaux non plus, dix heures de grand ménage, les plafonds de tôle biseautée qui s’enfumaient facilement, les murs en joints ou tapissés. Ça finissait par l’empesage de tous les rideaux. Le salaire: 50¢ par jour. Cette manie de travailler pour rien m’est restée dans le sang. »
(Ste-Anne de Prescott, Ontario)
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| QUAND ON SE MARIAIT, ON PERDAIT SON EMPLOI | |||
| « En me mariant, j’ai dû laisser mon emploi. J’étais à la fonction publique mais à ce moment-là, c’était un règlement que la femme laissait son travail en se mariant. »
(Ottawa, Ontario)
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| DU TRAVAIL OU LES FEMMES ONT DE L’EXPERIENCE: SERVANTE, CUISINIÈRE, FEMME DE MÉNAGE. | |||
| « Vers l’âge de 18 ans, je me suis engagée comme femme de ménage dans un hôtel-maison de pension à Warren. Par la suite, je suis devenue cuisinière principale dans une maison de pension d’une des premières mines de Sudbury. Je devais servir le petit déjeuner à 6 heures le matin, le dîner et le souper à 125 hommes. »
(River Valley, Ontario)
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| « Je suis allée dans le monde du travail pour payer les études de mes frères, mais surtout parce que je ne pouvais pas continuer mes études, comme je l’aurais désiré. On était trois institutrices chez nous, on avait peut-être plus de potentiel que les garçons, mais comme à l’époque, la chance de continuer ses études appartenait aux garçons, automatiquement, je me suis lancée dans l’enseignement. »
(Rockland, Ontario)
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| « J’ai enseigné un an sous le Règlement 17. On avait la permission d’enseigner deux heures de français par semaine. Tout le reste se faisait en anglais. Moi, j’ai toujours été mordue du français, ça vient de ma mère. J’ai toujours dit: j’ai pas peur de personne. J’enseignais le spelling, un peu de lecture, en anglais, mais le reste…
Quand on attendait l’inspecteur au printemps, quand les chemins étaient passables, la directrice mettait un élève à la fenêtre pour surveiller si un étranger se présentait: c’était l’inspecteur anglais. Alors on cachait nos livres français, puis on sortait nos spelling. L’inspecteur s’occupait pas tellement de faire l’analyse de ce qu’on faisait. C’était une visite de politesse, il savait ce qu’on faisait et voulait pas nous mettre mal à l’aise. L’époque des épingles à chapeaux, ça se passait à Ottawa. Je l’ai lue dans les journaux, pis j’avais des parents dans ces paroisses de la basse- ville. Les parents se sont mis ensemble pour payer les professeurs qui ont enseigné des mois saris être payés par le ministère afin de ne pas avoir de compte à rendre au ministère de l’Éducation pis pas avoir d’inspecteur. » (Rockland, Ontario)
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| « On était payé trois fois par année, à Noël, à Pâques et à la fin de l’année, moi j’endossais mon chèque pis je le donnais à mon père. Mais même à ça, j’étais très bien, on m’habillait convenablement, j’étais bien nourrie, j’étais heureuse, je ne regrette pas ces années-là. »
(Rockland, Ontario)
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| « Il y avait des élèves qui manquaient à tous les jours. Dans c’temps-là, les élèves manquaient lors- qu’il y avait une grosse tempête. Ils n’étaient pas habillés pour venir à l’école. Il y en a qui arrivaient les pieds gelés. Ils portaient des petits souliers lacés, ce qu’on appelait des souliers de bœuf en 1945. Je leur faisais enlever leurs souliers et ils n’avaient pas de talon après leurs bas, les orteils étaient percées aussi. Il n’y avait pas de semelle de feutre comme aujourd’hui. Il fallait faire déchausser ces enfants-là, leur frotter les pieds pour les réchauffer. Ça prenait une heure.
L’école où j’ai enseigné à Rivière Veuve était pleine de punaises. C’était une école de campagne, bâtie en bois rond. Les pupitres faits par les gens de la place n’avaient jamais été peinturés. Il y avait des gens qui avaient assez de punaises, c’était épouvantable. Tu te promenais dans les allées, tu voyais des punaises; tu en voyais sur les bureaux. » (Espanola, Ontario)
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| J’ai commencé à 15 ans à travailler à l’Hôtel- Dieu à Windsor à laver la vaisselle trois fois par jour, sept jours par semaine. A 17 ans, j’ai commencé à la Banque Provinciale du Canada pour huit piastres par semaine. J’y suis restée 8 ans. J’ai aussi épluché les tomates aux canneries pendant 52 ans durant la saison des tomates. »
(Pointe-aux-Roches, Ontario)
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| « A la mort de mon père, j’avais seulement 12 ans. A ce moment-là, en 1912, lorsque le père mourait il n’y avait aucune compensation. Alors dès que le père mourait, à moins qu’il soit riche, ce qui n’était pas notre cas, il fallait gagner notre vie. A 13 ans j’ai commencé à travailler dans un magasin général ou plutôt ce n’était pas un magasin général, mais un magasin à départements. C’était un beau magasin à trois étages. J’étais caissière pour $1.50 par semaine. Avant d’être caissière, j’étais commis pour envelopper les paquets. J’ai travaillé 3 ans comme caissière. »
(Ottawa, Ontario)
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| « A 14 ans, j’ai travaillé à la Cotton. Dans c’temps-là l’éducation était pas importante comme aujourd’hui. En plus, y’avait pas d’écoles françaises, pis le curé m’a dit que j’perdrais mon temps dans une école anglaise. Y m’a dit: « Si tu vas au High School, tu vas être assise là pendant une couple d’années à apprendre à parler le langage, pis ça sert à rien d’aller à l’école. » J’ai travaillé à la Cotton deux ans. En 1925, le curé m’a demandé de venir faire la classe à la petite école française qui venait de commencer. Y’avait pas d’argent pour me payer, ça fait qu’on demandait 50¢ par mois par élève. J’me faisais à peu près $15.00 par mois. »
(Port Colborne, Ontario)
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| PARTIR EN AFFAIRES | |||
| On est durant la crise. Son mari vient de perdre son emploi comme traducteur. Sans préparation aucune, elle prend la direction du premier hebdomadaire français de Cornwall. Son mari s’occupe de la publicité et de l’aspect financier de l’entreprise. Elle s’occupe de tout le reste, court les nouvelles, rédige les articles, fait la correction d’épreuves. Comme toutes les femmes de toutes les époques, c’est la nécessité d’abord qui la fait sortir de son foyer, puis elle y prend goût. « Je ferai un succès de l’affaire, j’en suis certaine, car ça me plaît beaucoup. » Elle y met tout son cœur et ne ménage pas les efforts. Le soin des enfants est alors partagé avec les grands-parents qui habitent l’appartement d’en bas.
(Ottawa, Ontario)
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| LA CRISE ET LES PROBLEMES QUI EN DECOULENT… | |||
| « Durant la grande dépression, plutôt que de renvoyer des employés, nos salaires étaient coupés de 10%. Comme salaire, j’avais $3.50 par semaine. La Compagnie faisait faillite. Une amie m’a dit: « Si tu veux, ils ont besoin de quelqu’un chez Caplan, je pourrais donner ton nom. » J’ai dit: « C’est correct. Il faut que je travaille. » Je suis entrée chez Caplan en 1935, j’avais 16 ans. Ils devaient me donner $7.00 par semaine, j’en ai eu $8.00. On commençait à travaillera 8 heures le matin, on finissait à 6 heures. On avait une heure pour dîner. Si on était en retard, on était chargé 1¢ pour deux minutes. »
(Ottawa, Ontario)
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« Mon mari a été obligé d’aller casser de la pierre pour gagner des provisions. C’était la dépression. Mon mari est tombé malade; on a fait venir le médecin, puis le médecin a dit: « Plus de cassage de pierre. Tu vas rester dans ton lit. » Comme il ne travaillait pas, je n’avais pas d’argent. J’ai dû travailler pour nous autres, pour avoir ce qu’il nous fallait. J’étais obligée. Mon plus vieux avait neuf ans, ma petite fille avait huit ans, j’avais cinq enfants.
Je partais le matin, j’allais à la manufacture de tomates, j’allais faire ma journée; à cinq heures, j’allais au bureau demander ma paie de la journée pour pouvoir acheter des choses pour le lendemain, pour être capable de donner à manger à mes enfants. Puis, je retournais au gouvernement faire le ménage des bureaux jusqu’à neuf heures. A neuf heures, je m’en revenais. C’était mon plus vieux qui gardait la maison. A la manufacture de tomates, je gagnais $1.50 par jour. Plus on en faisait, plus on était payé. Pour le ménage au gouvernement, j’étais payée $40.00 par mois. » (Ottawa, Ontario)
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| « La grande dépression de 1930, c’a été le plus grand drame. C’a été terrible, pas seulement pour nous autres; pour tout le monde, c’était terrible. . . Il paraît qu’il y avait seulement ceux qui travaillaient au gouvernement qui ne perdaient pas leur emploi, puis encore.. . J’ai fait mon cours d’infirmière à l’hôpital St-Vincent; j’ai gradué le 1er mai 1928 puis je me suis mariée le l0 juillet 1929; la dépression a commencé tout de suite après ça. Même les médecins, les internes n’avaient plus d’ouvrage; il n’y avait pas d’ouvrage pour les infirmières. Il n’y avait rien, c’était terrible.
Quand on est arrivé sur notre ferme, c’est là que j’ai travaillé comme garde-pratique. J’allais sur les cas; des cas de maternité, de médecine, mais c’était un cas par-ci par-là. Surtout des cas privés. J’allais à domicile. Sur nos fermes, on avait ce qu’il nous fallait, on gagnait notre subsistance. Le travail d’infirmière, c’était à peu près bénévole. Durant la dépression, les gens n’étaient pas capables de payer. C’étaient des voisins, des parents, des amis, alors je ne leur chargeais pas. J’ai eu quelques cas, des gens à l’aise; je chargeais $3.00 pour 24 heures. Je laissais mon époux avec les enfants, je ne partais jamais pour plusieurs jours. C’est arrivé une fois que je suis partie pour trois jours, il fallait que je fasse mon ouvrage pareil après, à la maison et sur la ferme. » (Ottawa, Ontario)
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| LES INEGALITES PERSISTENT | |||
| « A North Bay, il y a une manufacture de jeans qui emploie des femmes parce que ça coûte pas cher. On les paie à la pièce et lorsqu’elles sont rendues trop bonnes, on les change de machines. Comme ça, elles ne réussissent jamais à augmenter leur salaire. »
(North Bay, Ontario)
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| « Il commence à y avoir des femmes qui travaillent dans les mines mais elles n’ont pas le droit d’aller sous terre. Elles occupent surtout des emplois de bureau. Les salaires sont très bons, c’est pour ça que ça intéresse les femmes. Une téléphoniste par exemple, gagne $1100. par mois. Mais comme les hommes n’aiment pas que les femmes empiètent sur leur terrain, ils s’organisent pour leur rendre la vie difficile. »
(Elliot Lake, Ontario)
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| « Dans le textile, les conditions de travail sont pénibles. Il y a les horaires de 4 jours. Il faut donc faire 40 heures en 4 jours, 10 heures par jour. Tu es là de 7 heures le matin jusqu’à 6 heures le soir. En plus, il y a le temps supplémentaire qu’on te demande souvent de faire. Il y a des femmes qui sont là depuis 20 ans et elles ont toujours le salaire minimum. Elles sont payées à la pièce et quand elles deviennent trop rapides, on les change de place. On peut te mettre à la porte du jour au lendemain. Il n’y a pas de syndicat pour nous protéger. »
(Hawkesbury, Ontario)
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| Ce sont surtout des femmes qui travaillent dans les manufactures de textiles mais ce sont des hommes qui occupent les postes de superviseurs. Les hommes et les femmes ont les mêmes salaires pour le même travail mais ce sont toujours les hommes qui ont les promotions. »
(Hawkesbury, Ontario)
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| « Quand on a besoin de moi au foyer des vieillards, on m’appelle. Comme ça, ça me permet de me consacrer entièrement à ma famille tout en restant en contact avec le milieu du travail. Ça me donne la chance d’être créative. »
(Rockland, Ontario)
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| « Les femmes ont la possibilité de travailler dans les mines maintenant. Mais c’est un monde d’hommes et c’est pas toujours facile pour une femme. Par exemple, il n’y a pas de salles de toilettes pour les femmes. Il faut être vraiment décidé pour travailler dans ces conditions. »
(Sudbury, Ontario)
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| « Les possibilités d’emplois pour les femmes, c’est tout ce qui concerne les services, travail de restaurant et dans le commerce et aussi les manufactures de textiles et autres petites usines locales. Ces petites manufactures-là engagent majoritairement des femmes. Il n’y a plus beaucoup de débouchés professionnels pour les femmes. »
(Hawkesbury, Ontario)
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| « La raison pour laquelle on a décidé de partir une revue franco-ontarienne c’était pour entendre parler de nous autres. Nos problèmes sont différents. On a fait une demande de subvention au Secrétariat d’État pour avoir trois salaires. C’a été notre façon de se créer une job qui nous intéressait. »
(Rockland, Ontario)
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| QU’EST-CE QUE J’VAIS FAIRE AVEC MES ENFANTS? | |||
| « On va avoir des problèmes de garderie longtemps parce que les gouvernements municipaux n’y croient pas. Ils pensent encore que la place de la femme c’est à la maison. Et pour une garderie subventionnée, il faut passer par la municipalité. »
(Rockland, Ontario)
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| « En réalité, je peux dire que mon mari m’aide, surtout quand je travaille. Au début, je trouvais qu’il ne faisait pas exactement ce que j’aurais voulu qu’il fasse. Par exemple, j’aurais aimé qu’il passe le vacuum à toutes les deux semaines, mais lui y’avait pas le goût de le faire aussi souvent. Finalement, j’ai réalisé que c’était mes propres attentes que je voulais lui imposer. Alors j’ai arrêté de m’en faire. »
(Rockland, Ontario)
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| « Moi, j’ai besoin de sortir de la maison. Quand ça fait un bout de temps que j’ai pas travaillé. Je sens que les murs m’étouffent, je deviens impatiente avec les enfants. Ma fille me dit: « Ça va te faire du bien d’aller travailler. » C’est qu’elle aussi trouve que je suis plus satisfaite. Je suis valorisée par ce que je fais et ça se reflète sur les enfants. Le temps que je leur donne est plus valable. »
(Rockland, Ontario)
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| « II faut que je travaille pour gagner ma vie, j’ai deux enfants et je suis chef de famille. De cette façon je peux continuer à m’émanciper. Je ne suis pas allée sur le bien-être social à cause d’une question de principe; c’est pas parce que je suis une femme que je ne peux gagner ma vie. »
(Rockland, Ontario)
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| POUR AIDER…LES SOLDATS, LES MALADES, LES NÉCESSITEUX. | |||
| « Je suis devenue membre de la Fédération des femmes canadiennes-françaises durant le temps de la guerre. Alors, c’était pour aider. On tricotait pour envoyer des chaussons aux soldats. Le premier but de la Fédération a été d’aider. Aider aux femmes dont les maris étaient partis en guerre. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Ç’a jamais été une femme qui a travaillé en dehors. Elle allait où il y avait des gens dans le besoin. Pendant les deux guerres, elle a tricoté. Elle en a fait du linge pour tous et chacun. Elle s’est toujours occupée. »
(Pembroke, Ontario)
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| « Durant la guerre de ’14-’18, j’ai travaillé comme aide- bénévole pour soulager les malades de la grippe espagnole. Nous allions chercher de la nourriture à l’Hôtel de Ville, rue Elgin, durant le jour. Le soir nous confectionnions des layettes et des vêtements pour les familles éprouvées. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Dès mon mariage en 1947, j’ai été une personne très active dans le bénévolat. J’ai adhéré à plusieurs mouvements, entre autres la Ste-Elizabeth, la St-Vincent de Paul. Maman aussi en faisait partie. On allait deux fois par semaine faire de la couture. J’ai aussi donné énormément de mon temps à la Ligue de la Jeunesse Féminine. Ça c’était pour chausser les enfants. Ma maison a souvent été transformée en atelier de travail. J’avais des femmes qui venaient tailler et coudre pour le coin de Noël. On donnait aux enfants des tricots, des tuques, des mitaines, des écharpes et des souliers.
Quand on a ouvert la maison de retraite fermée à Overbrook, on avait demandé à la FFCF d’organiser une kermesse pour aider les religieuses. On a vendu des pâtisseries. J’ai aidé à recruter des personnes pour les retraites; je suis allée à la campagne voir des curés pour organiser des retraites pour que ça rapporte un peu d’argent aux religieuses. Ma mère et ma grand-mère étaient comme ça, on a toujours aidé aux familles pauvres. On n’aimait pas à voir souffrir personne. Mon bénévolat, je l’ai jamais fait pour la gloire. » (Ottawa, Ontario)
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| « ÇA REPONDAIT A MES BESOINS… » | |||
| 301 | « J’ai fait beaucoup pour la Fédération, mais ça m’a rapporté beaucoup aussi. Mon but dans la Fédération, après mon épanouissement, c’était la langue. J’avais perdu mon mari depuis 3 ans, je vivais juste pour mes enfants. Un moment donné, il a fallu que je sorte de la maison. Je pouvais pas aller dans des party parce que j’étais seule. Il n’y avait pas un homme qui pouvait me regarder sans que je parte à pleurer. Il fallait que je fasse quelque chose. Mes sœurs faisaient partie de la Fédération à Ottawa. Elles me racontaient ce qu’elles faisaient. Je les trouvais donc chanceuses. Ici à Rockland, il y avait absolument rien. Il y avait seulement que le Catholic Women’s League. Je me trouvais traître à ma langue quand j’allais là. J’ai été acceptée comme membre de la Fédération à Ottawa. L’aumônier m’a dit que je pourrais avoir un groupe à Rockland. J’ai été élue présidente sans que je m’en aperçoive. J’étais au courant de rien, je savais pas comment ça marchait. J’ai été présidente six ou sept ans. Tout mon temps libre, je le consacrais à la FFCF. »
(Rockland, Ontario)
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| « Au début, elle allait dans les associations par intérêt, parce que lorsqu’on est en affaire, il faut aller partout. Par la suite, elle s’impliqua davantage pour modifier les orientations des associations. Elle s’est battue à poings fermés pour que la Fédération offre des livres aux élèves plutôt que les traditionnelles médailles, comme prix de fin d’année. Au moment de la guerre, lorsqu’on fait appel aux services des femmes, elle regroupe tout son monde et forme un cercle de tricot. Plutôt que de perdre leur temps en conversations inutiles, elle suggère aux femmes de lire chacune un livre et d’en faire le résumé au cercle de tricot. Par la suite, elle mettra sur pied plusieurs cercles de la Société d’étude et de conférences. »
(Ottawa, Ontario)
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| POUR LA CAUSE FRANÇAISE… | |||
| « Comme nos jeunes enfants étaient de plus en plus anglicisés, nous avons senti le besoin de mettre sur pied une maternelle. Une dame a accepté d’enseigner la maternelle dans sa maison et de refranciser nos enfants. Puis la Fédération des femmes a été créée afin d’obtenir des fonds pour le fonctionnement de la maternelle. Mous avons toujours dirigé nos efforts vers le fait français dans la région. »
(Windsor, Ontario)
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| « Les buts premiers de la FFCF consistaient à appuyer les parents d’Ottawa qui s’opposaient au Règlement 17 dans les écoles. Après on s’en est détaché un peu pour le côté social, pour intéresser le monde, parce que c’est pas tout le monde qui est attaché à sa langue. »
(Rockland, Ontario)
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| « La Société des Dames de l’autel fut l’instrument principal qui permit de ramasser les $18,000 à $20,000 nécessaires à l’amélioration de la paroisse. Elles ont été le bras droit du curé dans le financement d’entreprises paroissiales. »
(St-Joachim, Ontario)
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| « Le curé m’a fait demander, il m’a demandés! je lâcherais ma couture pour aller travailler pour lui au presbytère, lui faire sa nourriture. J’ai travaillé un an au grand presbytère de la Nativité. Il fallait toujours que j’aie des mets spéciaux, je faisais tout moi-même. C’était une maison de 15 appartements. Au bout d’un an, j’étais rendue à bout. Je ne pouvais plus coudre, j’avais trop d’ouvrage. Encore du bénévolat. »
(Cornwall, Ontario)
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| « Ma mère avait enseigné le catéchisme pour la première communion une année. Il y avait 17 enfants qui venaient chez nous tous les jours. Moi, j’avais fait ma première communion et j’étais confirmée, je n’avais pas besoin d’apprendre le catéchisme, elle nous l’avait enseigné elle-même. J’avais 12-13 ans dans ce temps-là, j’avais soin des autres petits pendant qu’elle leur enseignait le catéchisme. Elle a fait du bénévolat tout le temps de sa vie. »
(Pembroke, Ontario)
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| « Comme il n’y avait pas de paroisse, les femmes du village se sont mises à organiser des soupers-paniers, des pique- niques, des rafles, pour défrayer la construction d’une église. Quand le prêtre venait dans la paroisse, les femmes le recevaient toutes à tour de rôle. En 1935, quand la paroisse eut un prêtre résidant, les femmes se sont remises à ramasser des fonds pour construire un presbytère. »
(River Valley, Ontario)
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| « Chez nous, la Fédération des femmes canadiennes-françaises a été formée spécialement pour aider à bâtir l’église. »
(Cornwall, Ontario) |
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| « Comme ils vivent à six milles de l’église, on obtient d’avoir la messe une fois par mois dans l’école. Enceinte d’un troisième enfant, une des femmes trouve le temps de montrer aux autres à faire des fleurs pour l’autel. Elle aide au bazar paroissial et participe aux séances. Elle organise le Mois de Marie, chez elle et fonde une chorale pour jeunes filles. Jusqu’à 75 personnes assistent au Mois de Marie. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Je m’occupais de la sacristie, du lavage et du repassage des surplis. Monsieur le Curé demandait qu’ils soient bien craqués. Je faisais aussi de la broderie sur les nappes d’autel et les singulons pour les prêtres. »
(Sturgeon Falls, Ontario)
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| Elle soignait le mal de gorge avec de l’iode ou du vinaigre chaud sur une flanelle. Une fois, elle a replacé la jambe cassée d’un garçon et il n’est pas resté infirme. Elle a sauvé de la mort certaine deux bébés qui avaient une pneumonie. Elle a utilisé de l’huile électrique chaude avec des oignons tranchés, dans des sacs de flanelle chauds. »
(River Valley, Ontario)
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| « Tout au cours de sa vie, elle se porta aux soins des malades. Tellement qu’on l’avait surnommée Docteur Ratico. A un moment donné, toute une famille était atteinte d’une maladie contagieuse et avait été mise en quarantaine. Seule, elle allait leur porter secours. Elle faisait elle-même ses médicaments. L’été, elle cueillait de l’herbe à dinde pour faire une tisane qui servait à faire baisser la fièvre. Elle cueillait aussi de la belle Angélique qu’elle utilisait pour soigner les crampes des bébés.
(Sturgeon Falls, Ontario)
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| « Ma grand-mère était le médecin du groupe. L’été, elle ramassait de l’herbe à dinde pour la fièvre, puis pour le rhumatisme. L’écorce d’épinette rouge servait à laver et guérir les plaies, le souffre et le saindoux pour les plaies coulantes. Elle faisait une tisane qui éclaircissait le sang et, à chaque printemps, c’était la grande purgation. Elle accouchait les mères, et surveillait pendant 40 jours leur montée de lait, soignant les abcès aux seins ou les hémorragies, toujours avec des médicaments qu’elle faisait. »
(Casselman, Ontario)
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| Que de vies elle a sauvées par ses bons soins au temps de la grippe espagnole après la guerre de ’14-’18. On l’appelait et, tout de suite, elle s’y rendait. Souvent toute la famille était au lit. Alors, elle faisait tout, préparant les repas et oubliant qu’elle pouvait elle-même contracter la maladie. Ses remèdes, un peu de boisson, des briques réchauffées sur le poêle, enveloppées dans de la laine et placées aux côtés du malade.
Souvent aussi, on allait la chercher pour assister les mourantes afin de les préparer pour le grand départ, puis les ensevelir après leur mort, donc les laver, les habiller dans la toilette réservée pour ce moment. » (St-Joachim, Ontario)
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| J’avais seulement 16 ans quand je suis allée soigner des voisins. Les oreillons, on soignait ça avec du vinaigre chaud, on mettait ça sur la gorge avec une flanelle. Le Hong Kong Flu quand j’avais eu cette grosse grippe-là, maman m’avait fait cuire des oignons dans la cendre puis elle m’avait mis ça en-dessous des pieds pour faire baisser la température. Quand quelqu’un faisait des clous, on soignait avec une sorte d’onguent qui se faisait avec du savon fait à la maison puis du sucre brun. On mettait ça sur le pied, ça faisait sortir l’infection. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Pour le rhume, maman mélangeait du sirop avec de la glycérine et 25¢ de créosote et du miel. Quand elle faisait sa recette, elle allait en porter à des familles pauvres.
Quand un enfant faisait du faux croup, pour faire de l’humidité dans la chambre, on mettait un bol rempli d’eau sur un meuble et un autre à terre, l’eau descendait d’un bol à l’autre par une serviette qui trempait dans les deux bols. » (Ottawa, Ontario)
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| « Elle prêtait main-forte aux voisins qui étaient dans le besoin. Elle a agi comme sage-femme en mettant au monde plusieurs enfants de l’arrondissement. Après l’accouchement, elle passait une dizaine de jours à relever la maman et à donner le bain au nouveau-né, tout en s’occupant des repas pour le reste de la famille. »
(Hanmer, Ontario)
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| « Ma mère était sage-femme. Après l’accouchement, s’il le fallait, elle prenait soin de la mère et du bébé pour 3 à 4 jours. S’il y avait des complications, elle retournait pendant 40 jours faire la toilette du bébé et soigner la mère. On avait aussi recours à elle pour les grands malades. »
(Casselman, Ontario)
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| « Je me suis occupée de campagnes politiques pour le fait français au municipal. J’ai travaillé aussi au provincial et au fédéral. Pour les élections des conseillers scolaires, j’ai fait des téléphones. »
(Ottawa, Ontario)
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| « J’ai été active dans les femmes libérales toute ma vie. Ça m’a toujours intéressée. Je tenais ça de mon père. J’ai travaillé pour tous les ministres qui sont venus à Ottawa. Tous ceux qui étaient libéraux. A la mairie aussi, j’ai travaillé. J’étais demandée pour m’occuper des dames. Comme présidente de l’Association des femmes libérales, c’est moi qui engageais les dames, qui leur donnais leur ouvrage. »
(Ottawa, Ontario)
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| « Ici, ce sont les femmes qui ont vu à ce que notre école secondaire soit déclarée française par notre Conseil Scolaire. Ce sont aussi les femmes qui ont fait des pressions pour que notre école secondaire soit agrandie. Ce sont les femmes qui sont les chiens de garde pour que le français ait sa place dans notre ville. »
(Rockland, Ontario)
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| ÇA FAIT DU BIEN DE SORTIR DE LA MAISON | |||
| « Je suis seule et il faut que je trouve une façon de passer mon temps. Si je passe une seule journée à la maison à ne rien faire, je me sens inutile. »
(Hawkesbury, Ontario)
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| « Je devrais normalement terminer mon mandat à l’exécutif de la Fédération cette année. Mais puisque mes enfants sont adultes et n’ont plus besoin de moi, je vais peut-être reconsidérer la question. Je ne me vois pas rester à la maison tous les soirs, moi qui ai été impliquée dans différents organismes depuis le début de mon mariage. J’en ai discuté avec mon mari et c’est lui qui m’a fait réaliser que je trouverais cela difficile de ne plus être aussi active. »
(Rockland, Ontario)
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| « Moi, je ne m’identifie pas à une cause ou à un groupe en particulier. Il y a un paquet de choses qui m’intéressent et, l’important pour moi, c’est de pouvoir échanger des idées. Je participerais à un regroupement de femmes dont les objectifs seraient très larges et qui me permettraient de satisfaire plusieurs de mes besoins. »
(Ottawa, Ontario)
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| « En Ontario français, la seule implication qui est valorisée depuis toujours, c’est la lutte scolaire. Moi, je n’ai pas eu ce cheminement-là du tout. La seule crise scolaire que j’ai faite, c’est quand ils ont démoli mon couvent pour construire un restaurant… Moi, ma première forme d’implication s’est faite avec les expropriés de la basse-ville. Et ça m’a fait prendre conscience que les francophones ont des problèmes autres que linguistiques. Il n’y a pas juste au niveau scolaire qu’il y a du travail à faire… J’ai fait mon cheminement de cette façon- là, d’autres peuvent le faire autrement. »
(Ottawa, Ontario)
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| 383 | Je m’occupe des Jeannettes parce que j’adore être avec les jeunes. Elles ont tellement de dynamisme que le mien me revient au grand galop quand je suis avec elles. Le dynamisme des jeunes me conserve et me donne de !a vitalité. Les adultes sont toujours remplis de problèmes alors que les jeunes, c’est un monde merveilleux. »
(Rockland, Ontario)
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| « Ça m’a pris huit ans à me décider. Il ne s’était rien présenté qui m’intéressait. On cherchait quelqu’un qui était prêt à s’impliquer au niveau des garderies. Je me suis dit pourquoi pas. C’a été une expérience difficile. Après je me suis impliquée dans la Fédération parce qu’on m’offrait des choses qui m’intéressait: atelier d’affirmation de soi. Ça m’a donné confiance. Ça m’a fait découvrir mon potentiel. J’ai réalisé que je n’avais pas besoin de diplôme universitaire pour faire quelque chose. »
(Rockland, Ontario)
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| « On a organisé des conférences sur la femme et ses besoins, la femme autonome, la femme et ses échecs et sur le droit familial. Les femmes ont été vraiment intéressées. Les jeunes femmes aimeraient avoir de l’information sur l’éducation des enfants. »
(Rockland, Ontario)
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