Louise Demers
Description
Louise Séguin-Demers : Une vie d’engagement, de mère en fille
Cercle de Verner
Dans la petite communauté francophone de Verner, l’engagement communautaire se transmet souvent de génération en génération. Chez Louise Séguin-Demers, cet engagement est d’abord une histoire de famille.
Née à Noëlville, Louise grandit sur une ferme laitière où chacun met la main à la pâte. Dans cette maison animée, le travail et la solidarité vont de soi. Mais il y a aussi, dans son quotidien, l’exemple marquant de sa mère, Armande Séguin, profondément impliquée dans la vie communautaire.
Pendant plus de cinquante ans, Armande s’investit au sein de Union culturelle des Franco‑Ontariennes (UCFO). Secrétaire de cercle, présidente locale puis régionale, elle consacre une grande partie de son temps à faire vivre ce mouvement de femmes francophones. À la maison, la petite Louise observe. Elle voit sa mère rédiger ses comptes rendus, préparer ses réunions. Curieuse, elle lit parfois les notes et pose mille questions : « C’est qui, cette madame-là? »
Sans vraiment s’en rendre compte, l’engagement entre dans sa vie « par osmose ».
La jeune Louise poursuit ses études à Sudbury et choisit l’enseignement, inspirée par une institutrice marquante de son école de campagne. Pendant sept ans, la même enseignante accompagne les élèves de la première à la huitième année avec une patience et une douceur qui la marquent profondément. Cette influence, combinée à celle d’une tante également enseignante, trace sa voie.Elle consacrera finalement 34 ans à l’enseignement, une carrière guidée par la transmission du savoir et l’importance de la langue française.
Entre les débuts de carrière, le mariage et la naissance de ses deux enfants, un fils et une fille, la vie s’organise autour de la famille et de l’école. Mais l’engagement communautaire n’est jamais bien loin. Une fois revenue dans la région, Louise rejoint à son tour le cercle de Noëlville de l’UCFO, là même où sa mère s’était tant investie.
La participation se fera parfois par étapes, interrompue par les obligations de la vie ou par la maladie, mais au total, près de trente années d’implication s’additionnent.
Lorsque le cercle de Noëlville ferme ses portes, Louise poursuit son engagement avec le cercle de Verner, fidèle à cette communauté de femmes qui, depuis toujours, nourrit sa curiosité et son désir d’apprendre.
Car pour elle, l’UCFO a toujours représenté bien plus qu’un simple regroupement. Elle y voit un lieu de croissance personnelle, un espace où les femmes peuvent apprendre, échanger et se soutenir. Autrefois, les rencontres proposaient des ateliers variés : cuisine, couture, finances, développement personnel. Sa mère « en mangeait », dit-elle en souriant.
Louise a hérité de cette même soif d’apprendre.
Ses souvenirs d’engagement remontent même à l’enfance. Alors qu’elle n’a qu’une dizaine d’années, elle accompagne sa mère lors des grands événements communautaires : soupers paroissiaux, pique-niques, collectes de fonds. Pendant que les femmes organisent les activités, la jeune Louise aide en arrière-scène à laver la vaisselle. Une petite contribution, mais déjà un premier pas dans la vie communautaire.
Plus tard, comme adulte, elle participe activement aux initiatives du cercle, notamment à la préparation de tourtières vendues pour financer des projets locaux. Ces levées de fonds permettent d’offrir des bourses aux étudiants, d’aider des familles dans le besoin ou de soutenir différents organismes de la région.Pour Louise, cet engagement repose sur une conviction simple : la communauté se bâtit ensemble.
Aujourd’hui encore, malgré les défis auxquels font face les francophones en milieu minoritaire, elle garde espoir. Elle observe avec attention l’évolution de la langue française dans sa région et avoue que l’assimilation l’inquiète parfois. Mais en regardant sa famille, elle retrouve confiance.
Sa fille est enseignante. Sa petite-fille aussi. Même son gendre travaille dans le domaine de l’éducation. « Je te dis, c’est presque une maladie chez nous! », lance-t-elle en riant.
Et la francophonie demeure bien vivante dans cette famille. Ses petites-filles, parfaitement bilingues, ont étudié en français et portent cette identité « tatouée dans le cœur », dit-elle avec fierté.
À ses yeux, la relève est essentielle. Elle espère que les jeunes femmes continueront de s’impliquer dans des organismes comme l’UCFO afin de préserver la langue et la culture francophones.
« La francophonie, c’est numéro un », affirme-t-elle.
Après des décennies d’enseignement et d’engagement, Louise Séguin-Demers incarne une génération de femmes qui ont construit des ponts entre la famille, l’école et la communauté. Des femmes qui, souvent discrètement, ont contribué à faire vivre la francophonie dans le Nord de l’Ontario.
Et dans son histoire, une chose demeure claire : l’engagement, chez les Séguin-Demers, est une véritable tradition familiale.

