Suzanne Leblanc

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Suzanne Leblanc

Description

Suzanne Leblanc: Au cœur de St-Isidore : Suzanne Leblanc, le fil qui relie les générations

Depuis près de trente ans, Suzanne Leblanc incarne à St-Isidore une forme d’engagement tranquille, patient, profondément tissé dans la vie quotidienne de sa communauté. Entrée à l’Union Culturelle des Franco-Ontariennes en 1995, elle y a trouvé un espace où le savoir-faire, l’entraide et les liens intergénérationnels prennent toute leur importance. Mais surtout, elle y a découvert une famille élargie, un milieu où l’on apprend, où l’on s’entraide, où l’on grandit ensemble.

Suzanne, mariée depuis 1986 et mère de trois enfants, a consacré trente-cinq années de sa vie professionnelle à une petite garderie où elle accueillait les tout-petits du village. Elle parle de ce métier avec une douceur particulière : « Les enfants me tiennent beaucoup à cœur », dit-elle, comme une évidence. Même après sa retraite, en septembre dernier, sa vie continue de tourner autour des jeunes : elle travaille désormais deux matinées par semaine comme secrétaire à la paroisse Saint-Hugo et consacre tout le reste de son temps à ses petits-enfants, qu’elle garde avant et après l’école.

C’est à travers sa mère qu’elle a découvert l’UCFO. En l’observant participer aux activités du cercle, elle a eu envie, elle aussi, de travailler « avec ses mains », de faire partie de cet univers où l’on crée, on échange, on partage des savoirs. Elle garde en mémoire l’influence de femmes inspirantes comme Thérèse Séguin ou Mme Cousineau, « comme une grand-mère pour moi », dit-elle. Ces femmes lui ont transmis bien plus que des techniques : elles lui ont donné le goût des rencontres, de l’amitié et du travail collectif.

Les années passées au sein du cercle de St-Isidore ont été marquées par de nombreux projets, notamment les voyages qu’elle a organisés, moments forts qui ont rapproché les membres. Mais l’initiative qui lui tient le plus à cœur est toute récente : un projet communautaire dédié aux enfants, pour offrir un moment magique avec le père Noël au mois de décembre. Suzanne s’est investie sans compter, visitant les entreprises locales pour recueillir des dons et bâtir une activité qui rassemblera plusieurs générations. « Je trouvais dommage qu’on n’organise rien pour nos enfants et nos petits-enfants », explique-t-elle. Son désir : que le cercle devienne un lieu d’accueil pour les familles, un espace vivant.

Cette volonté d’ouverture se heurte toutefois à un défi de taille : le manque de bénévoles, surtout parmi les jeunes. Suzanne et son équipe réfléchissent à des moyens de les attirer, notamment en visitant les écoles secondaires. Malgré les obstacles, elle garde espoir : « On veut montrer que l’Union culturelle, ce n’est pas juste des vieilles qui tricotent », dit-elle avec un sourire. Pour elle, les jeunes ont beaucoup à apporter — une vision nouvelle, des idées fraîches, une énergie nécessaire à la continuité du mouvement.

Sur l’avenir du mouvement des femmes franco-ontariennes, elle demeure lucide : le membership vieillit, les habitudes changent, l’intérêt communautaire se transforme. Mais elle ne baisse pas les bras. L’essentiel, selon elle, est de continuer à proposer des activités porteuses de sens, ancrées dans la réalité des familles d’aujourd’hui.

À celles qui songent à s’engager à l’UCFO, Suzanne offrirait un conseil simple et franc : oser. Entrer, participer, apporter sa touche, ses idées, ses compétences. « Les jeunes peuvent amener quelque chose de nouveau », dit-elle. Et elle en est convaincue : si elles osent franchir la porte, elles découvriront un milieu riche, chaleureux, vibrant de rencontres et de solidarité.

Après des décennies d’implication, ce qui motive encore Suzanne, c’est ce désir de « faire quelque chose pour le monde d’ici », de contribuer à la vie communautaire, même à petite échelle. Dans ses mots comme dans son engagement, on sent une fidélité profonde à sa communauté — une présence solide, discrète, mais essentielle.

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