Thérèse Tailleur
Description
Thérèse Tailleur : Une vie de bénévolat, de transmission et d’amitié de Kapuskasing à Cornwall
Membre engagée de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (UCFO) depuis 1982 à Kapuskasing, Thérèse Tailleur est une figure marquante du mouvement des femmes franco-ontariennes. Après avoir été attirée par les activités artisanales de son cercle à cette époque, elle a transité de l’UCFO de Kapuskasing à l’UCFO de Cornwall depuis 20 ans déjà. « Je suis rentrée en 1982. Puis pas longtemps après, j’ai été la présidente du cercle parce qu’il y avait le besoin d’ouvrir le poste », raconte-t-elle avec humour. Pendant plus de vingt ans, elle s’est investie activement dans la participation aux ateliers et aux congrès, avant de déménager à Cornwall en 2006. « Depuis 2006, je suis Cornwall. J’ai été vice-présidente, présidente régionale pendant dix ans, et maintenant je suis trésorière et je représente mon cercle au régional ». Toujours soucieuse de faire rayonner son cercle, elle met sur pied des activités et des cours de tissage, qui deviennent rapidement une porte d’entrée pour de nouvelles membres. « Pour attirer du monde, amener des membres, je donne des cours de tissage. C’est comme ça que notre groupe reste à peu près pareil ici. On est une vingtaine » dit-elle avec émotion.
Femme de famille avant tout, Thérèse se décrit simplement : « Moi, je suis sur tous les bords. Je suis mère de famille. J’ai deux enfants, cinq petits-enfants, puis je suis arrière-grand-maman de deux enfants ». Très active dans sa paroisse de Sainte-Thérèse, elle donne de son temps à l’église et s’occupe de la cantine du bingo toutes les deux semaines. « Je ne m’ennuie pas ! je suis occupée et je m’occupe de la cantine du bingo à la paroisse toutes les deux semaines », dit-elle en riant. Elle fait aussi parti des filles d’Isabelle pour leur 52 ans. Toujours prête à rendre service, elle n’hésite pas à donner un coup de main à ses enfants et petits-enfants dès qu’ils en ont besoin.
C’est l’amour du tissage et du bricolage qui l’a poussé à s’engager à l’UCFO pour la toute première fois à Kapuskasing. « Je trouvais qu’elles faisaient des belles choses d’artisanat, puis j’aime l’artisanat. Je trouvais que les mesdames faisaient de belles choses et moi je voulais les faire aussi ». Elle a suivi des cours de tissage et elle les a donnés dans tout l’Est de l’Ontario. C’est avec Madame Janette Jauvin déjà âgée, une enseignante du centre de loisirs et collaboratrice de l’UCFO de Kapuskasing qu’elle a renforcé ces connaissances en tissage. C’est depuis cet instant que Thèrese Tailleur s’est engagée en tant que formatrice des femmes de son cercle depuis Kapuskasing et à maintenant à Cornwall : « Elle m’a demandé : “Veux-tu prendre ma place ?” » raconte Thérèse. « J’ai été deux ans avec elle, puis après ça, c’est moi qui enseignait le tissage à Kapuskasing ».
Cette transmission du savoir devient vite une passion. « Quand on donne des cours, ça fait qu’on se crée des amitiés. Puis ça attire le monde à venir voir ce qu’on fait. » Grâce à ses ateliers, plusieurs femmes découvrent le tissage et rejoignent à leur tour l’Union culturelle en tat que femme d’action, Thérèse se souvient de son premier engagement communautaire comme une action forte menée par les filles d’Isabelle, groupe de femmes bénévoles dont elle appartient depuis 52 ans. « Je me souviens que l’on organisait des repas par les filles d’Isabelle. C’est là-bas où on rencontrait du monde et on se fessait aussi de belles amitiés ».
Pour Thérèse, l’UCFO est bien plus qu’un regroupement : c’est une famille d’amitiés et de soutien. « J’ai appris à faire bien du bricolage, puis les amies, on est toujours restée des amies après. ». Elle garde un souvenir ému de ses années d’enseignement et d’activités communautaires : « Moi, ici à Cornwall, j’ai attiré beaucoup de monde pour le tissage, parce qu’autrement, ils ne seraient peut-être jamais rentrés dans l’union culturelle. »
Consciente des réalités actuelles, Thérèse reconnaît que le recrutement de nouvelles membres demeure un défi. « On veut essayer d’avoir des plus jeunes, mais les plus jeunes, ils ne veulent pas, c’est un peu plate. Les femmes que j’ai sont plus âgées entre 60 et 75 ans. Quand ils rentrent, elles sont passionnées et ils veulent avoir quelque chose à faire. ». Elle se souvient également de l’intérêt des jeunes qu’elle enseignait pour le tissage à Kapuskasing mais ne sait pas si elles ont joints l’UCFO bien après elle.
Elle se souvient aussi avoir enseigné le tissage à des élèves d’Ottawa : « J’avais montré à faire un sac de plage à des élèves de cinquième année. Je leur ai parlé de l’union culturelle, mais je n’ai jamais eu d’écho après. » Les démarches administratives rendent aujourd’hui plus difficile la présence dans les écoles : « On ne peut pas aller dans les écoles comme avant. Il faut des papiers de police, puis toutes sortes d’affaires. C’est ça la loi. »
Après plus de quarante ans d’implication, Thérèse regarde son parcours avec fierté :
« Oui, je suis fière. Très. J’ai toujours aimé ça. Je n’ai jamais parlé en mal de l’Union culturelle. » Son cercle de Cornwall reste aujourd’hui un lieu d’accueil et de partage. « J’ai eu deux personnes dont les noms sont en anglais, mais elles sont bien françaises. Elles ont payé leur carte de membre pour l’année qui s’en vient. J’ai donné un cours de quatre semaines, puis elles viennent régulièrement, une fois par semaine. » , elles sont âgées.
Elle conclut avec espoir : « J’espère que ça continue. L’Union culturelle a survécu à cette tempête. Les femmes ont beaucoup travaillé à valoriser la culture franco-ontarienne. Je ne veux pas lâcher. » Par son dévouement, sa générosité et son amour de l’artisanat, Thérèse Tailleur représente l’esprit même de l’Union culturelle : le partage, la solidarité et la transmission. Entre les fils du tissage et ceux de l’amitié, elle continue de tisser un héritage précieux pour les femmes de sa communauté et pour les générations à venir.

