Yvette Belec
Description
Yvette Belec : le fil d’or de la solidarité communautaire franco-ontarienne
Née dans le Nord de l’Ontario, Yvette Marie Sauvée, née Belec, a grandi dans un milieu où la solidarité n’était pas un choix, mais une véritable façon de vivre. Aujourd’hui secrétaire du cercle de l’UCFO de Kapuskasing et secrétaire membre du conseil d’administration, elle cumule plus de 35 ans d’engagement au sein de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (UCFO). Son parcours est tissé de générosité, de savoir-faire et de bienveillance.
Depuis ses débuts à l’UCFO, Yvette a toujours fait preuve d’un profond sens du devoir communautaire. Elle a occupé plusieurs postes de responsabilité : présidente de son cercle pendant trois mandats, mais aussi secrétaire, directrice, présidente régionale et secrétaire régionale. Polyvalente, elle tricote, crochète, coud et tisse ; des activités qui traduisent bien sa patience et sa créativité. Mère de deux filles, l’une vivant à Ottawa et l’autre à Timmins, et grand-mère de quatre petits-enfants (trois garçons et une fille), Yvette est veuve depuis douze ans déjà. Toujours active, elle s’implique au centre de santé communautaire, tricote pour les personnes malades, leur rend visite, et participe aux activités de l’église comme lectrice et ministre de la communion.
C’est Madeleine Paquette, amie précieuse et mentore, qui a initié Yvette au tissage. Un art qui deviendra sa passion et son fil conducteur. « C’est elle qui m’a donné mon premier cours de tissage », raconte Yvette avec émotion. À cette époque, Yvette vivait avec sa belle-mère et ressentait le besoin de sortir de la maison. Madeleine lui a proposé un cours de tissage, puis l’a invitée à une réunion de l’UCFO près de chez elle. Dès la première année, Yvette s’est inscrite comme membre; dès la seconde, elle s’est distinguée en devenant vice-présidente. Sous l’influence de Madeleine, Yvette a aussi découvert l’Arche d’or et s’est engagée plus profondément dans la vie communautaire. « Madeleine a été une vraie inspiration pour moi », souligne-t-elle. Aujourd’hui, cette dernière est vice-présidente du CA et demeure pour Yvette « une belle étoile. »
Avant même l’UCFO, Yvette s’impliquait déjà dans sa communauté. Son premier engagement remonte aux années 1971-1972, au sein du comité paroissial de Notre-Dame-de-la-Paix.
Elle y lisait à la messe, apportait la communion aux personnes malades et veillait auprès des mourants dans le cadre des soins palliatifs. « C’est du bénévolat, mais c’est du temps bien donné », dit-elle simplement.
Dans sa vie comme dans ses créations, Yvette tisse les liens qui unissent : tricoteuse, crocheteuse, tisserande et grand-mère dévouée, elle met ses mains et son cœur au service des autres.
Sous sa présidence, le cercle UCFO de Kapuskasing a multiplié les initiatives concrètes en organisant une collecte de 1 000 $ pour appuyer la création d’une nouvelle chambre de dialyse à l’hôpital local et en confectionnant et distribuant près de 70 paires de bas de laine pour les enfants des écoles de la région. De petits gestes, simples mais essentiels, « qui réchauffent autant les pieds que les cœurs », dit Yvette. Le cercle veille aussi à payer la cotisation d’une membre âgée de 102 ans, aujourd’hui trop fragile pour participer, mais toujours membre de cœur. Ces gestes témoignent de la fidélité et de la solidarité qui caractérisent l’organisation.
Pour Yvette, l’UCFO n’est pas qu’un regroupement de femmes : c’est une véritable maison d’amitié et de solidarité. « L’Union m’a aidée à sortir de ma coquille », confie-t-elle. Grâce aux rencontres, aux formations et aux ateliers, elle y a trouvé un lieu où apprendre, partager et transmettre. « Tellement d’ateliers m’ont ouvert des portes », dit-elle avec reconnaissance.
Cet engagement lui a permis de prendre confiance, d’assumer des rôles de leadership et de suivre ou offrir diverses formations, notamment en catéchèse et en informatique. Elle s’implique aussi, au besoin, dans les soins palliatifs à l’hôpital, accompagnant les personnes en fin de vie.
Yvette espère que l’UCFO continuera de prospérer, malgré les difficultés à recruter de nouveaux membres. « C’est plus difficile maintenant, la communauté vieillit, et les jeunes femmes ont moins de temps. Le hockey prend beaucoup de place et l’UCFO attire moins », explique-t-elle.
Celles qui montrent de l’intérêt manquent souvent de disponibilité. Mais Yvette garde l’espoir que la relève viendra :« il ne faut pas attendre, faut embarquer. Si tu as envie de participer, fais-le ! ». Ses deux filles, aujourd’hui membres de l’UCFO à Ottawa et à Timmins, partagent sa passion et s’impliquent activement. Elles aussi souhaitent voir davantage de jeunes femmes entre 25 et 30 ans se joindre au mouvement. Malgré les défis, les membres continuent d’organiser des levées de fonds et de faire rayonner la communauté, avec les moyens dont elles disposent. Femme de cœur, de foi et de fil, Yvette Belec incarne l’âme du bénévolat franco-ontarien : patiente, constante, tissant sans relâche les mailles d’une communauté qu’elle aime profondément.
Son conseil aux jeunes femmes est simple et puissant : « N’attendez pas d’être âgées pour vous engager. Profitez de votre moment, évitez les excuses, pour ne pas le regretter plus tard». Toujours souriante, toujours présente, Yvette continue, fil après fil, à tisser la solidarité et l’amitié dans sa communauté du Nord ontarien fidèle à la mission de l’UCFO et à l’esprit de service qui l’anime depuis plus de trente-cinq ans.
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