Irène Beauchamp
- 2 juin 2026
Hélène Vaillancourt : Une femme, une famille, une communauté
Cercle de Windsor
Femme de résilience et d’entraide, Hélène Vaillancourt incarne depuis plus de soixante-dix ans l’esprit de solidarité qui anime le cercle de Windsor de l’Union Culturelle des Franco-Ontariennes. Née en 1939 à Tecumseh, au cœur du Sud-Ouest ontarien, elle grandit dans une famille agricole, au rythme du travail de la terre et d’un fort sentiment d’appartenance à la langue et à la culture françaises.
C’est en 1955, à l’âge de 16 ans, que débute son engagement avec l’UCFO. À l’époque, elle et sa cousine, deux jeunes filles sans accès à des études avancées, voyaient dans l’Union culturelle une chance d’apprendre, de s’exprimer, de découvrir le monde au-delà des limites de la ferme. Ce fut le début d’un long parcours marqué par la curiosité, le courage et la volonté de contribuer à sa communauté.
Mariée jeune et mère de sept enfants, Hélène a toujours su conjuguer ses responsabilités familiales avec son désir profond de s’impliquer. Elle vivait sur une ferme expérimentale, où les journées étaient bien remplies. Pourtant, malgré les défis du quotidien, l’Union culturelle occupait une place de choix dans sa vie : « L’Union culturelle passait premièrement », dit-elle avec une simplicité qui en dit long sur sa détermination.
Elle doit beaucoup à Claire Péladeau, une femme inspirante qui l’a encouragée à prendre sa place malgré son manque de formation. Grâce à cet appui, Hélène découvre en elle une force qu’elle ne soupçonnait pas. Elle devient animatrice, donne des cours de tricot, de crochet, de macramé, et même de vitrail. Elle allait d’abord apprendre, puis transmettait ce qu’elle savait aux autres. Elle aimait découvrir, comprendre et redonner.
Hélène est fière d’avoir transmis cette passion à ses enfants. Ses filles ont grandi dans cet environnement d’engagement et d’entraide. Pour elles, l’UCFO n’était pas une option : c’était une évidence. Aujourd’hui encore, plusieurs sont impliquées, dont une qui occupe le rôle de trésorière à Windsor et au niveau régional. Ensemble, elles ont participé aux réunions annuelles à Ottawa, bâtissant une continuité générationnelle dans l’engagement communautaire.
Son dévouement n’est pas passé inaperçu. L’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes et le Carrefour des femmes du Sud-Ouest de l’Ontario lui ont rendu hommage pour sa contribution exceptionnelle à l’essor des services en français. Même aujourd’hui, bien qu’elle ait dû ralentir à cause de problèmes de santé, les gens continuent de venir vers elle pour des conseils. Ce respect témoigne de l’empreinte qu’elle a laissée.
Pour Hélène, l’Union culturelle représente bien plus qu’un organisme. C’est un lieu d’amitié, d’entraide et de transformation. Elle affirme que l’UCFO l’a révélée à elle-même, lui a permis de grandir, d’oser, de découvrir son potentiel. Elle se dit différente des femmes de sa génération qui n’ont pas eu cette chance, et elle en est fière.
Elle croit profondément en la relève, même si elle voit les jeunes femmes d’aujourd’hui tiraillées entre le travail, la famille et les multiples obligations de la vie moderne. « Ce n’est pas parce qu’elles ne veulent pas, c’est qu’elles n’ont pas le temps », dit-elle avec empathie. Mais son message demeure clair : « T’es capable. Ne doute jamais de tes capacités. Si moi je peux le faire, t’es capable. »
Hélène Vaillancourt est une femme de cœur et de tête, qui a su tracer un chemin pour elle-même, sa famille et toute une communauté. Encore aujourd’hui, elle inspire par son parcours, sa sagesse et sa foi en la force des femmes franco-ontariennes. Elle demeure un pilier du cercle de Windsor et un symbole vivant de ce que peut accomplir l’engagement collectif.
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