Yvette Lemieux

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Yvette Lemieux

Description

Yvette Lemieux, 86 ans d’engagement et de bienveillance

À Kapuskasing, au cœur du Nord ontarien, vit une femme dont l’engagement traverse les décennies avec douceur, courage et fidélité : Yvette Lemieux, née en 1936, pilière du cercle de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (UCFO) depuis plus d’un demi-siècle. À 86 ans, elle incarne encore la force tranquille de ces femmes qui ont façonné la vie communautaire francophone en Ontario, souvent dans l’ombre, mais toujours avec conviction.

Mariée depuis 63 ans, toujours installée dans la maison familiale qu’elle chérit, Yvette a élevé trois enfants, et aujourd’hui, ce sont aussi ses arrière-petits-enfants qui héritent de ses valeurs : l’entraide, la résilience et un profond attachement à la langue française.

Son aventure à l’UCFO débute à la fin des années 1960. Elle accepte la présidence du cercle de Kapuskasing et siège au conseil d’administration. À cette époque, les femmes francophones doivent se battre pour préserver leurs espaces, leur culture et leur voix. Yvette se souvient d’une solidarité forte entre membres : elles s’unissaient pour défendre la présence du français dans les écoles, dans la communauté et dans les institutions, un combat quotidien, mais nécessaire, mené avec détermination et dignité.

Pour elle, l’UCFO a été bien plus qu’un regroupement, ce fut un lieu où naissent les amitiés, où l’on s’entraide, où l’on apprend. Au fil des ans, elle a participé à une multitude d’activités, rencontres mensuelles, ateliers, échanges, artisanat, projets autour des fêtes, potlucks, sorties au restaurant. Le cercle était un espace vivant où chaque mois apportait quelque chose de nouveau : un dessert à découvrir, une technique à apprendre, un savoir à transmettre.

Aujourd’hui, elle observe avec un brin de tristesse que peu de jeunes femmes se joignent au cercle de Kapuskasing. Malgré de nombreuses idées et tentatives, le recrutement demeure un défi. Pourtant, Yvette et les autres membres continuent d’entretenir la flamme, convaincues que ces lieux de rassemblement ont encore un rôle essentiel : briser l’isolement, transmettre des savoir-faire, créer des liens et préserver la culture franco-ontarienne.

Lorsqu’elle repense à son parcours, Yvette penses à tous ces petits moments accumulés, les rires, les discussions, l’apprentissage, la chaleur humaine, qui ont façonné une expérience profondément positive. « Juste rencontrer du monde », dit-elle. Derrière ces mots simples se cache une vérité fondamentale : l’importance du lien humain, si précieux et si rare.
Son histoire témoigne de la force discrète de celles qui, année après année, ont maintenu vivantes les valeurs de solidarité, de partage et de fierté francophone. Grâce à des femmes comme Yvette Lemieux, le cercle de Kapuskasing continue d’exister, porteur d’une mémoire collective et d’un avenir encore possible.

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