Irène Beauchamp
- 2 juin 2026
Madeleine Paquette : Tisser des liens pour bâtir une communauté forte
Cercle de Kapuskasing
Femme de conviction, pionnière de l’engagement communautaire et gardienne du savoir artisanal franco-ontarien, Madeleine Paquette incarne l’altruisme, la détermination et la passion de transmettre. Née en 1940 à Mattice, au cœur d’une famille de cultivateurs, elle a très tôt compris la valeur du travail, de l’entraide et de la communauté.
Son parcours débute humblement, en soutien à son mari chef scout. Ensemble, ils accompagnent des jeunes jusqu’aux Îles de la Madeleine lors d’un Jamboree pionnier en 1971. Pour y parvenir, Madeleine participe activement à la levée de fonds, cumulant les tâches logistiques tout en insufflant une énergie mobilisatrice. Ce sens de l’organisation et du devoir envers les jeunes ne l’a plus quittée.
Après le scoutisme, c’est à travers le hockey qu’elle poursuit son engagement, soutenant son mari et les jeunes joueurs, en lavant les gilets, réparant les uniformes et préparant les programmes. L’aventure culmine par un tournoi international : en Finlande, avec des matchs en Suède et en Russie. Pour Madeleine, chaque projet communautaire est une occasion de tisser des liens et de semer la fierté.
Femme de terrain, elle s’engage également dans le milieu scolaire, paroissial et municipal, et, en parallèle, dans le mouvement des cadets de l’air, avec ses trois fils. C’est avec le comité de parents qu’elle coorganise des voyages marquants : huit jours à Québec, puis six jours à Winnipeg en train, hébergés dans des familles. Son objectif est clair : offrir à chaque jeune une place, une chance, une expérience inoubliable.
Lorsque ses enfants grandissent, Madeleine se tourne vers l’Union Culturelle des Franco-Ontariennes, où elle s’illustre par son leadership. De simple membre, elle gravit les échelons pour devenir présidente locale, régionale, puis provinciale. Elle participe activement à la formation, la mobilisation et la reconnaissance du rôle des femmes dans les milieux francophones.
Passionnée d’artisanat, Madeleine se spécialise dans le tissage et la couture, un héritage familial qu’elle partage généreusement. De Geraldton à Chapleau, elle offre des cours de tissage pour débutants, mais aussi pour des personnes vivant avec un handicap. Voir ses élèves s’épanouir et développer leur motricité fine est pour elle une source de profonde satisfaction.
Pendant 25 ans, elle s’investit aussi à la station de radio francophone CKGN, assistant aux assemblées publiques et contribuant à garantir que la voix francophone soit entendue. Elle agit également comme coordonnatrice du centre culturel, anime plus de 25 formations au club 4H, et reste un pilier du club des artisanes de l’UCFO, notamment en organisant des ventes de Noël annuelles.
Madeleine a aussi participé au projet ARTNET, un projet visionnaire visant à transmettre les savoir-faire artisanaux des membres actives de l’UCFO à travers des capsules vidéo. Elle croit fermement à la transmission du savoir comme acte de préservation culturelle et de développement personnel.
Les défis n’ont pas manqué : isolement géographique, manque de ressources, absence d’accès à l’éducation postsecondaire. Mais là où d’autres voient des barrières, Madeleine voit des possibilités. Grâce à sa créativité, sa ténacité et sa capacité à mobiliser, elle transforme ces obstacles en opportunités collectives.
Aujourd’hui encore, elle consacre une journée par semaine à travailler avec des personnes en situation de handicap, et continue de former, inspirer et relier. Son parcours, ponctué de projets concrets et de gestes durables, a touché des centaines de vies.
Madeleine Paquette est l’exemple même d’une femme qui bâtit sans bruit, mais dont l’impact résonne fort et loin. Une femme d’action, de cœur et de culture.