Irène Beauchamp
- 2 juin 2026
Monique Lalonde : Tisser des liens, transmettre une passion
Cercle de St-Isidore
Monique Lalonde est une femme de cœur, de courage et de constance. Native d’Alfred, en Ontario, elle est née en 1939 et a consacré sa vie à sa famille, à sa communauté et à la valorisation des femmes franco-ontariennes. Mère de trois enfants, elle a su allier sa vie familiale avec un parcours professionnel et communautaire impressionnant.
Couturière de formation, elle a aussi travaillé comme technicienne de laboratoire au Centre national de recherche, démontrant une grande rigueur et une soif d’apprendre. Mais c’est surtout par son engagement bénévole que Monique a marqué son époque, notamment au sein de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (UCFO), qu’elle a rejoint en 1984.
Monique a occupé plusieurs postes clés au sein de l’UCFO : trésorière du cercle d’Alfred, directrice du même cercle, présidente du cercle de St-Isidore, présidente régionale, puis présidente provinciale de l’UCFO. Chaque rôle, elle l’a embrassé avec humilité mais détermination, laissant une trace vivante dans l’histoire du mouvement.
C’est sous son impulsion qu’a été fondée la coopérative des artisanes de l’UCFO, un projet qu’elle tient particulièrement à cœur. Cette initiative, toujours active aujourd’hui, est la preuve tangible de l’impact durable de son engagement. « Ce que j’ai le plus aimé, c’est de tisser des liens avec les femmes de toutes les régions », dit-elle, évoquant ces rencontres comme une véritable richesse de vie.
Une femme de foi et de communauté
Avant même son implication à l’UCFO, Monique s’était déjà engagée dans sa paroisse. Pendant plus de 20 ans, elle a chanté dans la chorale de l’église d’Alfred, symbole de son dévouement et de son ancrage dans la vie communautaire locale.
Elle se souvient avec émotion de ses débuts dans l’UCFO, à une époque où l’organisation comptait 2 050 membres. « On était toujours impliquées dans la francophonie. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de relève… », constate-t-elle avec lucidité. La disparition de certains organismes comme la Fédération des femmes en Ontario ou la diminution de la présence de l’ACFO lui rappelle à quel point les temps ont changé.
Son parcours a aussi été marqué par des moments difficiles. Un diagnostic de cancer l’a forcée à quitter ses fonctions, alors qu’elle devait représenter son cercle à une rencontre régionale à Timmins. Ce retrait fut douloureux, mais n’a jamais altéré son attachement profond à la mission de l’UCFO.
Monique est fière de tout ce qu’elle a accompli, mais plus encore de ce qu’elle a transmis : l’esprit de solidarité, la fierté francophone, le goût du bénévolat et la force des liens entre femmes. Elle mesure l’impact de son action à la vitalité actuelle de la coopérative des artisanes, qui perpétue un savoir-faire précieux.
Aux jeunes femmes d’aujourd’hui, elle offre un conseil simple mais essentiel :
« Si elles ont du temps à donner, c’est important de faire du bénévolat. Et de suivre les cours offerts par l’UCFO, ça peut vraiment les aider. »
Elle comprend toutefois les réalités modernes : les jeunes sont très occupées avec le travail et la famille, ce qui freine leur implication dans les organismes comme l’UCFO. Et pourtant, elle espère qu’un nouveau souffle pourra émerger, que des femmes puissent se joindre aux cercles existants ou en former de nouveaux.
Pour Monique, l’UCFO a été bien plus qu’un lieu d’engagement, « j’y ai trouvé l’amitié, rencontré plusieurs femmes intéressantes de partout en Ontario. C’est un endroit d’entraide et d’apprentissage, surtout lors des AGA. »Elle décrit l’UCFO comme un groupe de « femmes tenaces qui tiennent beaucoup à continuer », malgré les défis actuels.
À travers son implication, sa ténacité et sa bienveillance, Monique Lalonde incarne l’esprit même de l’engagement féminin franco-ontarien : humble, généreux et profondément enraciné dans la communauté. Elle n’a jamais cherché les projecteurs, mais a contribué, jour après jour, à bâtir une communauté plus forte, plus unie et plus résiliente.
Son vœu pour l’avenir est clair : que l’UCFO continue de vivre, même avec moins de cercles, et qu’elle puisse encore rassembler et inspirer les générations futures. Grâce à des femmes comme Monique, le flambeau reste allumé.