Marianne Vancaemelbeke
Description
Marianne Vancaemelbeke : pionnière de l’agriculture dans l’Est ontarien
Originaire de Belgique, Marianne Vancaemelbeke s’installe en 1980 au Canada avec sa famille, attirée par les grands espaces et les possibilités qu’offre l’agriculture en Ontario. Très tôt, elle conjugue ses études universitaires en administration et commerce avec une volonté ferme de bâtir une vie autour de la terre. Après avoir occupé divers postes, notamment en marketing et en finances, elle décide, avec son mari Freddy Claude, de se lancer dans l’aventure agricole.
En 1989, le couple achète une ferme abandonnée et commence par l’élevage porcin. Rapidement confrontés à l’absence de subventions pour ce secteur, ils choisissent de se tourner vers la production laitière. Ensemble, ils modernisent l’étable, élèvent un troupeau d’environ 120 têtes et bâtissent une entreprise prospère. Marianne assume la gestion du troupeau, des finances et de l’organisation du travail à forfait, tout en élevant ses deux fils. Elle aime rappeler que sa laiterie était « aussi propre qu’une cuisine ».
Le décès accidentel de son mari en 2002 marque un tournant. Contrairement à la plupart des veuves d’agriculteurs de l’époque, Marianne décide de poursuivre seule l’exploitation pour assurer un héritage à ses enfants, devenant ainsi une pionnière dans la région. Son parcours témoigne de la ténacité et des défis auxquels font face les femmes dans un milieu encore largement masculin.
Comme femme agricultrice, Marianne a toujours été consciente du double défi auquel elle faisait face : prouver sa valeur dans un univers dominé par les hommes, tout en jonglant avec les exigences familiales et entrepreneuriales. Souvent reléguée dans l’ombre du travail de son mari, elle assumait pourtant la comptabilité, la gestion du troupeau et l’organisation des activités de la ferme. Elle souligne que les femmes doivent souvent être « meilleures que les hommes » pour obtenir la même reconnaissance. Malgré les obstacles, elle a démontré qu’une femme pouvait diriger une exploitation agricole avec autant de rigueur, de vision et de succès, ouvrant la voie aux générations futures.
La conciliation entre le travail agricole et la vie familiale a toujours représenté un défi. Marianne et son mari partageaient les responsabilités avec solidarité : il n’était pas rare que Freddy se lève la nuit pour donner le biberon ou changer les enfants pendant que Marianne assurait les traites matinales. Les saisons rythmaient aussi l’équilibre familial : l’été, marqué par l’ensilage et le travail à forfait, laissait peu de place aux moments partagés, tandis que l’hiver offrait davantage de temps en famille. Marianne se rappelle avoir organisé le quotidien grâce à des tableaux noirs dans la cuisine, servant à planifier les clients, les travaux et la vie familiale. Cet esprit d’organisation et de résilience lui a permis de tenir ensemble la ferme et le foyer.
Après avoir cédé la gestion des terres à son fils aîné et vendu son troupeau, Marianne poursuit son engagement communautaire. Elle incarne un leadership engagé et une passion profonde pour la terre et la culture franco-ontarienne. À titre de directrice générale de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (UCFO), elle a consacré plusieurs années à soutenir le développement, la formation et l’autonomisation des femmes, en mettant de l’avant leurs voix et leurs contributions dans toutes les sphères de la société. Son mandat s’est distingué par une approche inclusive et humaine, axée sur le respect des traditions, mais aussi sur l’innovation nécessaire à l’évolution des communautés rurales.

