Georgette Cayer

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Georgette Cayer

Description

Georgette Cayer : quatre décennies de leadership pour son cercle
Cercle de St-Albert

Née en 1944, Georgette Cayer fait partie de ces femmes dont l’engagement discret, mais profond, a façonné le visage de la francophonie ontarienne. Originaire de St-Albert, elle a consacré plus de quatre décennies à l’Union Culturelle des Franco-Ontariennes, où elle a occupé plusieurs postes de leadership avec humilité, passion et détermination.

Son parcours communautaire débute en 1971, alors que ses enfants entrent à l’école. Avec un peu plus de temps pour elle, Georgette emboîte le pas à sa mère, elle-même membre active de l’UCFO. Ce désir de fraterniser, de sortir de la maison et de s’impliquer dans sa communauté prend rapidement racine. Elle devient tour à tour directrice de son cercle, présidente locale, puis présidente provinciale de l’organisation, un parcours impressionnant qu’elle a construit au fil des années, à force d’écoute, d’expérience et de solidarité.

Dans les premières années de son engagement, Georgette joue un rôle essentiel dans le soutien aux jeunes filles des clubs 4H, notamment en économie domestique. Elle contribue à leur transmettre des compétences pratiques comme la couture, la broderie ou la cuisine, autant de savoirs qu’elle considère encore aujourd’hui comme essentiels. « Il y en a plusieurs qui ne savent même pas poser un bouton », dit-elle avec franchise, convaincue que l’apprentissage de ces gestes simples renforce l’autonomie.

Tout au long de son engagement, Georgette a été inspirée par les femmes autour d’elle. « C’est la rencontre avec les autres femmes qui m’a marquée. On apprend beaucoup ensemble », se souvient-elle. À ses débuts, elle se rappelle que les femmes étaient désignées par le nom de leur mari. Elle a vécu ce moment de bascule où, collectivement, elles ont affirmé leur propre identité : « Je ne m’appelle pas mon mari, je m’appelle moi. »

Modeste, mais lucide, Georgette reconnaît que le contexte a bien changé. Autrefois, les cercles étaient très actifs, et les femmes s’impliquaient dans l’organisation d’expositions, de repas communautaires, d’activités artisanales. Aujourd’hui, elle observe que les jeunes femmes sont souvent débordées. « Elles n’ont pas le temps. Entre le travail, les enfants, les activités… c’est difficile de s’impliquer. »

Cela ne l’empêche pas de continuer à donner. Même après tant d’années, Georgette fait encore du bénévolat à l’école, où elle aide les élèves qui ont de la difficulté. Elle leur offre deux heures de son temps chaque jour, comme une manière de transmettre encore, à sa façon. Elle n’a jamais cessé d’agir pour sa communauté, même discrètement.

Elle le dit sans détour : l’UCFO lui a beaucoup appris. « Je n’aurais pas fait tous ces paliers si je n’avais rien appris. » Ce qu’elle souhaite aujourd’hui pour l’avenir de l’organisation, c’est qu’elle continue à exister, à défendre la langue française, et à accueillir de nouvelles femmes prêtes à apprendre, à s’exprimer, et à partager leurs idées.

Aux jeunes générations, elle lance un appel simple, mais puissant : « Venez apprendre. Il y a des choses de base qu’on ne connaît plus, et l’UCFO, c’est un lieu où on peut les retrouver. Pendant la pandémie, on a vu l’importance de savoir se débrouiller. Le cercle, c’est aussi un lieu pour ça. »

Georgette Cayer est une femme de transmission, de courage et de mémoire. Par ses gestes patients, son regard sur les autres et son attachement à la langue et à la culture, elle a marqué sa communauté. Et même si elle évite les projecteurs, son influence est bien là, vivante, ancrée, durable.

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