Pauline Boucher

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Pauline Boucher

Description

Pauline Boucher : Une femme de parole, d’action et de conviction

Femme de cœur, enseignante passionnée et pilier du cercle de New Liskeard, Pauline Boucher incarne cette génération de femmes franco-ontariennes pour qui l’engagement communautaire est un prolongement naturel de l’amour de la langue, de la famille et de la justice. Née en 1946 à New Liskeard, dans le Nord de l’Ontario, Pauline est demeurée fidèle à sa communauté d’origine tout au long de sa vie – une fidélité qui s’est exprimée dans chacun de ses gestes, petits ou grands.

Pendant 36 ans, Pauline a œuvré dans le monde de l’enseignement, avec une conviction inébranlable : l’importance de l’éducation en français. Elle a non seulement transmis un savoir, mais aussi une fierté linguistique à ses élèves. Au-delà de la salle de classe, elle s’est impliquée activement dans l’AEFO (Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens), y occupant notamment les postes de secrétaire et de présidente régionale. Pour elle, s’impliquer dans cette organisation était une façon naturelle de redonner à la profession.

L’un de ses premiers souvenirs d’engagement communautaire illustre parfaitement son caractère : dans les années 1980, elle participe à un groupe anglophone de perte de poids, TOPS, où on lui interdit de parler français avec sa mère. Révoltée, elle prend contact avec la maison-mère aux États-Unis et obtient la permission de traduire les documents et fonder des clubs francophones. Grâce à sa ténacité, son groupe deviendra l’un des plus actifs. « Jamais je ne vais parler en anglais à ma mère », dit-elle alors. Une phrase simple, mais puissante, qui résume toute sa détermination.

Marquée dès l’enfance par les luttes pour les droits des francophones – notamment par l’exemple de son grand-père lors de la crise des écoles françaises – Pauline a grandi avec un sens profond de l’engagement. « Je n’ai jamais vu les défis comme des obstacles. Pour moi, c’étaient des étapes à franchir », affirme-t-elle. Affirmée, déterminée et résolue à défendre sa culture, elle a toujours refusé de se compromettre : « Les gens ici savent que s’ils sont francophones, ils vont me parler en français. »

Membre de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (UCFO) depuis 1980, Pauline y a trouvé un lieu d’échange, de formation et de solidarité. Aujourd’hui encore, elle s’implique dans sa paroisse, perpétuant cette tradition d’engagement local. Pour elle, l’UCFO représente l’engagement, avant tout : un espace où l’on donne autant que l’on reçoit. « Dans l’UCFO, tu redonnes aux autres femmes, à ta paroisse, à ton école. Et tu reçois beaucoup en retour. » Pour Pauline, cet équilibre entre don et réciprocité est la clé de la vitalité de l’organisation. Elle souhaite que l’UCFO continue de rayonner et d’attirer une nouvelle génération, sans perdre l’élan ni la flamme qui ont animé les pionnières.

Aujourd’hui, c’est avec fierté qu’elle voit sa fille marcher dans ses traces en prenant la présidence de l’ACFO. Cette continuité l’inspire et nourrit son espoir : « Les femmes d’aujourd’hui osent. Elles ne crient pas fort, mais elles sont là, elles écoutent, elles prennent leur place dans les décisions. »

Aux jeunes femmes qui souhaitent s’engager, Pauline livre un message simple mais essentiel : « Ose demander. Tu n’as rien à perdre. Va voir, informe-toi, puis affirme-toi. » Ce courage de prendre sa place, elle l’a transmis toute sa vie, par ses gestes autant que par ses mots.

Avec une vie marquée par l’enseignement, la défense du français et l’implication communautaire, Pauline Boucher est l’une de ces bâtisseuses discrètes mais essentielles. Par sa détermination tranquille et son amour de la communauté, elle continue d’inspirer celles qui veulent faire une différence, une parole à la fois.

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